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ACTE I, SCÈNE I!I

Souveraine des mers qui vous doivent porter '.

Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre. Mais, puisque le temps presse, et qu'il faut vous répondre, Puis-je, laissant la feinte et les déguisements, 245

Vous découvrir ici mes secrets sentiments 2?

PHARNACE

Vous pouvez tout^.

MONIME

Je crois que je vous suis connue.

Éphèse est mon pays*; mais je suis descendue D'aïeux, ou Rois, Seigneur, ou héros, qu'autrefois Leur vertu, chez les Grecs, mit an-dessus des Rois^. 250 Mithridate me vit^ Éphèse, et l'ionie, A son heureux empire était alors unie ''. Il daigna m'erivoyer ce gage de sa foi '. Ce fut pour ma famille une suprême loi : Il fallut obéir. Esclave couronnée, 25S

Je partis pour l'hymen où ^ j'étais destinée. Le Roi, qui m'attendiiit au sein de ses États,

1. Poiit-ètre ce dernier vers, qui est magnifique, ;i-t-il été inspiré par uuc admirable phr.ise de Bossuet, dans la impartie do ÏOrni.soii funèbre de Uonriette- Marie de France, reine de la Grande- Bretaçpie : « 0 voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait pour ainsi dire les ondes se courber sous elle, et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice des mers ! »

2. Var. — Puis-je, en vous proposant mes plus chers intérêts,

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3. Ou n'est pas plus aimable; par malhenr, les actions de Pharnace ne sont pas toujours d'accord avec ses paroles.

4. Plutarque dit dans la Via de LucuUits {Trad. Amyot, XXXIIJ que îlonimc était de Milet. Ce qui a pu décider Racine à lui donner Epnèsc pour patrie, c'est une phrase d'Appien (De la guerre Milhridatii/ue, trad. Claude de Seyssel, V) : « Philopomanes.... estoit père d'une femme nommée Monimes, dont llithridates estoit amoureux, et avoit pour l'amour d'elle fait son dit père gouverneur de la cité. {Ephèse.) a

5. Toute héroïne tragique qui se respecte doit être de saug royal. Le bon Corneille déclare dans un de ses Discours sur la tragédie qu'il ne comprend pas trop pourquoi.

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