ACTE II, SCÈNE V
MITHRIDATE
Non, ce n'est pas assez . 585
Je vous entends ici mieux que vous ne pensez. Je vois qu'on m'a dit vrai. Ma juste jalousie - Par vos propres discours est trop bien éclaircie " Je vois qu'un fils perfide, épris de vos beautés, Vous a parlé d'amour, et que vous l'écoutez ^. 590
Je vous jette pour lui dans des craintes nouvelles : Mais il jouira peu de vos pleurs infidèles '', Madame ; et désormais tout est sourd à mes lois *, Ou bien vous l'avez vu pour la dernière fois. Appelez Xipharès.
MONIME
Ah! que voulez-vous faire? 595
Xipharès...
MITHRIDATE
Xipharès n'a point trahi son père.
Vous vous pressez en vain de le désavouer ^ ; Et ma tendre amitié ne peut que s'en louer. Ma honte en serait moindre, ainsi que votre crime, Si ce fils, eu effet digne de voire estime, 600
A quelque amour encore avait pu vous forcer. Mais qu'un traître'', qui n'est hardi qu'à m'uffenscr, De qui nulle vertu n'accompagne l'audace, QuePharnace, en un mot, ait pu prendre ma place? Qu'il soit aimé. Madame, et que je sois haï? 603