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3. Il est impossible de ne pas reconoaître dans ce personnage M. de Cézy, don Racine parle dans ses deux Préfaces.
évidemment sur les mêmes données que Bajazet. Voici l'analyse de cette Nouvelle :
« Contre la cruelle coutume des Ottomans, qui ne parviennent jamais à l'Empire qu'ils ne fassent mourir tous leurs frères, l'Empereur Amurath ne fit point mourir deux frères qu'il avait. Il se contenta d'emprisonner fort étroitement Ibrahim, qui était fils d'une même mèro que lui, s'assurant sur la stupidité qui paraissait en ce Prince, car on ne peut pas en imaginer une plus grande. Mais non seulement il laissa vivre le Prince Bajazet, quoiqu'ils fussent nés de diff"érentes Sultanes ; il l'aima encore d'une amitié si extraordinaire qu'il ne pouvait être un moment sans lui. Il est vrai que si la beauté, la vertu et la bonne grâce ont quelque droit sur l'âme d'un barbare, toutes ces qualités, qui étaient en ce jeune Prince au suprême degré, méritaient un traitement particulier. On ne peut se figurer un homme de meilleure mine, et l'étude où il s'était adonné, contre la coutume des princes de sa nation, avait ajouté à tant de belles qualités qu'il avait reçues de la nature un esprit si agréable, si prudent et si accort, qu'il ne faut pas s'étonner si son frère, qui d'ailleurs n'était pas incapable d'estimer la vertu, en avait fait presque son favori *. » Bajazet, d'ailleurs, qui est habile, flatte son frère en lui cédant l'avantage à tous les exercices d'adresse.
Il a en outre une puissante protectrice, qui n'est autre que la Sultane Roxane, mère d'Amurath : « Cette Princesse avait eu Amurath dès l'âge de treize ou quatorze ans, et ainsi, quoique l'Empereur en evit vingt-trois ou vingt-quatre, par le soin qu'elle avait eu de conserver sa beauté, elle ne laissait pas d'être une des plus belles femmes de tout l'Empire 2. » Les mérites de Bajazet touchèrent le cœur de la Sultane, et bientôt « cette femme qui toute sa vie n'avait rien aimé que le gouvernement ^ », et qui « était extrêmement violente en tous ses désirs * », s'éprend d'une vive passion pour le jeune prince. Après quelques scrupules, elle se décide à lui faire des ouvertures dans une longue et sombre galerie, et, le lendemain, lui fait remettre le billet suivant : « Le Prince Bajazet est le plus aimable de tous les hommes : c'est le secret que j'avais à lui dire ; et c'est à lui à en connaître l'importance, puisque la Sultane est obligée de le lui révéler. » Au reçu de ce billet, Bajazet, dont le cœur n'a pas encore connu l'amour, consulte Achomat, un vieil eunuque, qui a servi sous la Sultane, sa mère ; Achomat le décide à répondre aux avances de la Sultane Roxane, qui, « arrivant la moit d'Amurath, le pourrait mettre en possession de l'Empire, et Amurath était tous les jours dans les périls de la guerre^. »
L'intérêt pousse donc Bajazet à cette liaison, qui n'est connue que