Voir Athalie, note du vers
5. Corneille n"a rien écrit de plus mâle que cette période. — Ce dernier trait est peut-être uu souvenir d'Ovide :
Longique périt labor irritus aniii.
6. Ce morceau est un dos plus longs qu'il y ait au théâtre ; c'est peut-être le plus nourri. Tout mot porte, et le poète ne permet pas aux transitions de s'étendre.
7. Encore deux vers que Voltaire a imités dans sa Henriade (I) :
Et l'Espaîiiiil avilie, enrichi de nos pertes, Vi'iiil en loiile itionder nos c.iiiipa;;iie3 désertes.
8. i< An ignoras Roraanos, postquam ad Occidentem pergentibus Oceanus t (incm fccit, arma hue convertisse? Neque quidquani a principio nisi raptum „ habere, domum, conjuges, agros, imperium?... Romani arma in omnes habent, „ acerrima in eos, quibns victis spolia maxima sunt. » (Salluste, Frar/. V.) — „ Sic omnem ilhim iiopulum luporum aninios, incxplebiles i-anguinis atque im- „ péril, divitiarum(|ue avidos ac jejunos habere. n (Justin. XXXVIII, vi.)
9. Il est curieux d'étudier tout ce morceau uniquement au point de vue de la versification; on y verra avec (|uel soin le poète, étudiant la facture de ses vers, se demandait où il devait développer une période, où il devait arrêter le vers par une coupe brusque ; c'est la reclicrche du naturel et de la vérité qui l'a guidé dans ce travail.
10. Est un fardeaupour. Mithridatc disait à sa femme dans la.^/o)VrfeiVirtWrfo/e de La Calprenède (I, m) :
El ta seule amitié te rend infortunée.
11. Voilà de la véritable poésie; cette image est hardie par sa simplicité même.
i'î. Vin. — Le seul nom de Pompée assure sa «enquête. (1673-87.)
22 4 MITllRIDATE.
C'est l'effroi de l'Asie ; et, loin de l'y chercher, 785
C'est à Rome, mes fils, que je prétends marcher *.
Ce dessein vous surprend; et vous croyez peut-être
Que le seul désespoir aujourd'hui le fuit naître.
J'excuse votre erreur; et, pour être approuvés,
De semblables projets veulent être achevés *. 790
Ne vous figurez point que de cette contrée Par d'éternels remparts Rome soit séparée. Je sais tous les chemins par où je dois passer; Et si la mort bientôt ne me vient traverser s, Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, 795
Je vous rends dans trois mois * au pied du Capitule. Doutez-vous que l'Euxin ne me porte en deux jours Aux lieux où le Danube y vient tinir son cours *?
\. Il Quippe quuni efl'ugisset hostem per Colclios, Siclliae quoque littora et Campaniam nostram subito adventu terrerc voluit ; Colcliis tenus jiingere Bospoi'"n, inde per Thraciam, Macedoniam, et Graeciam transilire, sic Ualiam nec '-pinatus invadero, tantiim cogitavit. n (FLonus, I, m, 6.)
2. <i Nullus cunctatioDi locus est in eo consilio, quod non potcst laudari, nisi peractum, » (Tacitb.)
'A. Voir flrinnr,ir)i<!. nnfe du TCrs lO^t. ' 4. Je vous aurai conduits avant trois mois.
5. « 11 en pouviiit bien douter, dit un prince {le prince Euffène), qui a cominandé des armées sur les bords du Danube, et qui. comme Mithridate, a conservé sa réputation de grand capitaine dans l'une et dans l'autre fortune, puisque la Hiose est réellement impossible. L'armée navale de Mithridate, en partant des environs d'Asaph et du détroit de Caffa, où Ra'-inc établit la scène de sa pièce, a\ait près de trois cents lieues à faire avant que de débarquer sur les rives du Danube. Des vaisseaux qui naviguent en (lotte, et qui n'ont d'autres moyens d'avancer que des rames et des voiles, ne sauraient se promettre de taire cette route en moins de huit ou dix jours. Racine, sans craindre d'ôtcr le merveilleux de l'entreprise de Mithridate, pouvait encore accorder six mois de marche à son armée, qui avait sept cents lieues à faire pour arrivera Rome. Le vers qu'il fait dire à Jlithridatc,
Je ïou* rends dans Irois'mois aux pieds dii Capitole,
révolte ceux qui ont quelque connaissance de la distance des lieux. Quoique les armées grecques et romaines marchassent avec plus de célérité que les nôtres, il est toujours vrai qu'il n'y a point de troupes qui puissent durant trois mois, et sans jamais séjourner, faire chaque jour près de huit lieues, surtout en passant par des pays difficiles et ennemis, ou du moins suspects, tels qu'étaient la plupart des pays que Mithridate avait à traverser. » (Abbé du Bos, liéflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, I, 23i-263.) Louis Racine affirme que son père a voulu peindre l'aveuglement d'un homme qu'emporte la passion. « Uithi-idate pouvait dire encore :
Doutez-vou« que l'Euxin ne me porte en dix jours, etc.
Il n'en met que deux, et par cette interrogation :
Doutez-vous que l'Ctixin ne me porte en deux jours,
il fait entendre qu'on n'en doit pas douter, parce que, dans ce moment, ou il n'en doute pas lui-même, ou il veut persuader ses fils que c tte marche qu'il va entreprendre n'est ni longue ni difficile. La confiance avec laquelle il parle dans