‹ Théâtre completChapitre 338 sur 592 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MITHRIDATE 2, MONIME

MITHRIDATE

Enfin j'ouvre les yeux ^, et je me fais * justice. f035

C'est faire à vos beautés un triste sacritice °,

Que de vous présenter, Madame, avec ma foi,

Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi '.

Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes ''

Cachaient mes cheveux Ijlancs sous trente diadèmes. 1040

Mais ce temps-là n'est plus. Je régnais, el je fuis *

1. « Il se rencontre avec Harpagon dans le choix de la ruse. Eh! mais, c'est que tous les deux ont soixante ans. L'un est un usurier, et l'autre un grand roi ; la dillerence est grande, la distance énorme; mais tous deux sont des vieillards amoureux, et c'est pour cela qu'ils s'avisent du même stratagème. C'est une raalire de vieux jaloux. Et j'en reviens là toujours : llacine n'a pas eu d'autre objet que de peindre toutis les fureurs de l'amour chez un vieillard. » (M. Saucev, le Temps, Chronique thi^àtrale du 17 février 1870.)

2. On peut avec intéiét comparer à cette scène l'acte 11 du Philippe II d'Al- Ceri, dans lequel le roi, interrogeant, en présence d'un tiers, Carlos et Isabelle, surprend dans leur attitude la preuve de leur amour.

3. Ouvrir les yeux, c'est ici : se rendre à l'évidence, comine dans ce vers de Ilajazet (V, iv) :

Un si noble présent me &t ouvrir les yeux.

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