Voir Pneai'e, note du vers
6. u Cette scène me parait un chef-d'œuvre. Le rôle de Monime, qui était également difficile à soutenir et à mesurer, y est parfait : c'est la réunion de toutes les bienséances les mieux ménagce?. Que l'on songe qu'elle parle à Mithridate, à Mithridate jaloux et sur qu'il a un rival, et un rival aimé : et dans quel moment lui parle-t-elle ainsi! Combien l'auteur avait à faire ! et il n'a rien laissé à désirer. C'est que Monime a l'espèce de fermeté qui lui convient, et qui n'est qu'un sentiment vrai et profond de tous ses devoirs. Elle les a tous remplis, et ne craint point la mort; elle ne craint point .Mithridate, mais elle ne le brave point; elle lui rend tout ce qu'elle lai doit; mais elle lui fait sentir tout ce qu'une femme délicate ce doit à elle-même, et tous les avantages qu'il lui a donnés sur lui en la trompant s'\ indignement. En même temps elle n'oublie pas l'intérêt de Xipharès, qui lui devient d'autint plus cher que c'est elle qui l'a exposé. Les connaisseurs préféreront toujours cette espèce de courage, qui est celui de son sexe et de sa situation, à la violence plus que viril- de la plupart des héroïnes de Corneille. Leur jictance a quelques traits de force qui attirent l'applaudissement; mais elle n'est le plus souvent qu'une déclamation facile et une disconvcnanco choquante; au lieu qu il faut un jugement sûr et un goût exquis pour observer toutes les nuances qui distinguent la fierté d'un sexe de celle de l'autre. Ces nuances sont toutes parfaitement saisies dans le rôle de Monime. Sa fierté ne dément en rien la réserve, la modestie, la résignation qu'elle a fait voir jusque-là. Elle n'a avec son amant que le degré de faiblesse qu'elle devait avoir pour être ten Ire, et que le degré de force qu'il lui fallait pour suivre son devoir et tracer celui de Xipharès. Avec Mithridate, elle n'est fière et décidée qu'autant qu'il le faut pour préférer la mort au plus grand malheiu- qui puisse arrivera une femme honnête et sensible, celui d'.ippartenir à un homme qui sait qu'elle en aime un autre. » (La Harpb.^