‹ Théâtre completChapitre 409 sur 592 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

M ITHRIDATE.

Cessez et retenez vos larmes l'un et l'autre '.

(En montrant Xipharès.)

Mon sort de sa tendresse et de votre amitié*

Veut d'autres sentiments que ceux de la pitié ' ; 1650

Et ma gloire, plutôt digne d'être admirée,

Ne doit point par des pleurs être déshonorée.

J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu : La mort dans ce projet m'a seule interrompu. Ennemi des Romains et de la tyrannie, 1655

Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie* ; Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés ^ contre eux, Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, Ni de jours malheureux plus rempli leur histoire ®. 1660

Le ciel n'a pas voulu qu'achevant mon dessein, Rome en cendre me vît expirer dans son sein. Mais au moins quelque joie en mourant me console : J'expire environné d'ennemis que j'immole; Dans leur sang odieux j'ai pu tremper mes mains ; 1665

Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains '.

1. Un pareil dénouement devait perdre singulièrement de sa grandeur, lorsque Mithridate mourant apparaissait entre deux rangées dé jeunes seigneurs couverts de rubans ; aussi Dorat-Cubières, au premier chant do son poème sur la Déclamation théâtrale, félicite-t-il Mithridate de la suppression de ces odieux bancs placés sur la scène :

Le public n'y voit plus, borné dans ses regards Nos ntai qiiis y briller sur de triples remparts. Ils cessent d'.mlellir la cour de Pliarasiiiane ; Zaïre, «ans lémoins, entretient Orcniane. On n'y voit plus l'ennui de nos jeunes seigneur! Nonchalamment sourire à l'héroïne en plinrs. On ne l.s enicnd pin?, du lond de la conlisse, P.ir leur cabinet hruyatit inlL'rrcinipre racliice, Per-iOiïT Milhiidale, el, sans respecl du nura, Apostropher César, ou tuloyer Néron.

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