Voir Athalie, note du vers
3. La mort même ne peut triompher de la mâle vertu de Mithridate.
4. Au moment de se donner la mort, le Mithridate de La Calprenède disait
Rome, à qui je ravis un superbe ornement, Ne me verra vainru que par moi .'eulement. Elle en aura le Iruil el j'en aurai la gloire.
5. Rendus illustres : « Jean Hyrcan, qui l'avait suivi dans cette guerre y
signala sa valeur. » Bossubt, f/isl., I, 9.)
6. On sait que les Romains parmi les jours néfastes comptaient ceux oui leur rappelaient quoique dél'aite de leurs armes.
7. Quelques graramiiriens ont cherché de misérables chicanes à cet admirable vers : rien n'est sacré pour un grammairien. — Ce cri de triomi)lie du ▼ieux roi a pour but de nous prouver que la haine était dans son cœur plu»
-2K2 • MITDRIDATE.
A mon fils Xipharès je dois cette fortune : Il épargne à ma mort leur présence importune *. Que ne puis-je payer ce service important De tout ce que mon trône eut de plus éclatant! 1670
Mais vous me tenez lieu d'empire, de couronne; Vous seule me restez : souffrez que je vous donne -, Madame ; et tous ces vœux que j'exigeais de vous, Mon cœur pour Xipharès vous les demande tous.
MONIME
Vivez, Seigneur, vivez pour le bonheur du monde ^, 4675 Et pour sa liberté, qui sur vous seul se fonde ; Vivez pour triompher d'un ennemi vaincu, Pour venger...
MITHRIDATE
C'en est lait, Madame, et j'ai vécu.
Mon fils, songez à vous. Gardez-vous de prétendre Que de tant d'ennemis vous puissiez vous défendre. 1680 Bientôt tous les Romains, de leur honte irrités, Viendront ici sur vous fondre de tous côtés. Ne perdez point le temps que vous laisse leur fuite A rendre à mon tombeau des soins dont je vous quitte *. Tant de Romains sans vie, en cent lieux dispersés, i68o
Suffisent à ma cendre et l'honorent assez *. -<
forte que l'amour, et de nous expliquer comment il va donner ilonime h Xipharès. Tout cela est fort habilement présenté, nous en convenons ; mais cependant est-ce bien vraisemblable?
1. Ce mot nous semble un peu faible, à ce moment, dans la bouche de Mithridate.
2. La passion de Mithridate n'est pas atténuée ; cela double le prix du sacrifice. Il Sans doute ce dénouement est assez misérable. Mais je l'ai dit fort souvent, et j'en ai à plusieurs reprises exposé les raisons: le dénouement ne compte pas dans les grandes œuvres. Quand une fois l'auteur dramatique a épuisé sur une passion ou sur un caractère tout ce qu'il avait à dire, il conclut comme il peut : et c'est un fort petit malheur si la conclusion est indili'ércnte ou mauvaise. Mithridate tuerait son fils et Monime avant de mourir hii-mcme, en sauriezvous davantage sur l'amour chez les vieillards? Assurément non. Eh bien! alors, qu'est-ce que cela vous fait qu'il pardonne? Il y a des gens qui aiment que les drames et les romans finissent bien. C'est le plus grand nombre. Je n'en veux pas trop à Racine d'avoir pensé à satisfaire les âmes sensibles et naïves. » (M. Sarcby. le Temps, Chronique théâtrale du 17 février 1879.)
3. Remarquez la délicatessetouciiaute avec laquelle Monime cache aux yeux du mourant sa joie ; elle ne le remercie même pas ; un remerciement serait pénible pour lui ; voilà pourquoi le poète a changé les deux vers qu'il avait écrits d'abord :
Vivez, Seigneur, vivez, pour nous voir l'un et l'autre Sacrifier toujours notre bonheur au vôtre.
4. Tournure qui a vieilli : on dirait aujourd'hui : dont je vous tiens quittes.
5. Plutarque (Vie de Pompée, trad. .\myot, LIX) raconte que Pompée étant Krvivé à Amisus, « trouva force présens que l'on luy avoit apportez de la part