ACTE V, SCENE V
Cachez-leur pour un temps vos noms et votre vie. Allez, réservez-vous...
XIPHARÈS
Moi, Seigneur, que je fuie '?
Que Pharnace impuni*, les Romains triomphants, N'éprouvent pas bientôt...
M ITHRIDATE.
Non, je vous le défends. 1690
Tôt ou tard il faudra que Pharnace périsse. Fiez-vous aux Romains du soin de son supplice ^.
de Pharnaces, et plusieurs corps de sang royal, entre lesquelz estoit celuy même de Mithridates, que l'on ne pouvoit pas bien recognoistre au visage, à cause q\ie ses serviteurs avoient oublié d'en faire esrouler ou dessécher la cervelle, toutefois encore le recognoissoit-on bien à quelques cicatrices qu'il avoit en la face, au moins ceux qui désiroient le veoir : car quant ù Pompéius, il ne le voulut jamais regarder, de peur d'irriter encontre soy l'ire vengeresse des Dieux : ains l'envoya en la ville de Sinope. » Et, complétant ces renseignements, Appien ajoute que Pompée « commanda que le corps de Mithridates fust lionorablement ensevely au sépulchre de ses mnjeurs en Sinope, ainsi qu'il apiiartenoit à un tel Roy. » (De la guerre Mithridattque, trad. Claude de Seyssel, XV.) — Dion Cassius (XXXVIII, 14) raconte les mêmes faits, mais avec moins do détails. Voir dans les notes dont nous avons accompagné la jPré/"ace comment Pharnace a péri.
1. Cette fougue impétueuse est conforme au caractère de Xipharès, et nous plaît en lui.
2. Racine seul, comme le remarque son fils, eut la hardiesse d'appliquer cet adjectif à un nom de personne. 11 avait écrit déjà dans Andromaque (III, m):
Redemander Hélène aux Trojens impunis.