‹ Théâtre completChapitre 417 sur 592 · III, IV · texte numérisé non relu

III, IV

6. II, V, — Favart revient encore plus loin (III, ii) sur cette critique.

30 0 IPniGlîlNIE EN TAURIDB.

prodigieusement l'auteur de la parodie : c'est d'abord la présence de ces prêtresses qui accompagnent partout Ipliigénie :

. A présent, laissez-nous, prêtresses éternelles. Ke puis-je faire un pas, ni dire un mot sans elles 1?

c'est surtout la scène où Iphi;;énie confie à Pilade un billet pour Electre, sans que ce billet éveille les soupçons de Pylado :

PÏLADE.

Par quel hasard heureux La connaissez-vous donc?

IPHIGÉNIE

Vous êtes curicuï.

FYLÀDB.

Je ne sais pas pourquoi vous faites ce mysio r.

IPHIGÉNIE

Je n'en sais rien non plus ; il faut me satisfaire -.

Disons-le tout bas, pour nous, modernes, le principal mcrilc de Vlphigénie de Guimond de La Touche est d'avoir fourni un livret à Gluck, et d'avoir inspiré les Rêveries renouvelées des Grecs. Ces trois actes sont le chef-d'œuvre de la parodie ; la plaisanterie ne s'écarte jamais de la critique littéraire pour tomber dans la bouffonnerie ; le rire, à une seule exception près, y est toujours spirituel et décent. 'Ce sont là des qualités que nous avons aujourd'liui trop rarement l'occasion d'applaudir pour que nous ne nous soyons pas arrêtés avec complaisance sur l'œuvre de Favart. Racine d'ailleurs, qui, dans les Plaideurs, s'est moqué si finement du Cid, eût goûté la Petite Ipldgénie de Favart', dans laquelle il eût vu comme un pâle reflet de son propre esprit; nous ne prétendons pas, bien entendu, comparer l'un à l'autre l'auteur de Phèdre et l'auteur de la Chercheuse d'esprit; mais ils avaient du moins une qualité commune: le sentiment du ridicule. Cette qualité manquait h Gœilic.

On pourrait, en dépit de l'admiration fanatique des Allemands pour Gœthe, citer dans Torqunto Tasso, dans Egmout, et même dans Faust, plus d'un trait qui prouve que le domaine du ridicule est voisin de celui du sublime. Iphigéyiie en Tauride cependant, à une seule exception près *, ne provoque jamais le sourire, et nous sommes prêts à reconnaître que, depuis Euripide, aucun poète n'avait été aussi heureusement inspiré par ce sujet que ne l'a été

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