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TRAQÉDIE EN CINQ ACTES

1. Ce n'est aue dans les éditions modernes (pie l'on a donné à cette tragédie le titre d'Iphigéiiie en AnUde. — Voir la note t du Titre de ^hthridate.

2. On lit dans la Gazette, à la date du 24 août 1074, que « le 18 de ce mois... Leurs Majestés, avec lesquelles Monseigneur le Dauphin, et grand nombre de

seigneurs et de dames, prirent dans l'Orangerie, le divertissement d'une

pv'eee nouvelle de théâtre, intitulée Iphigénie, composée par le sieur Racine, laquelle fut admirablement bien représentée par la troupe royale, et très-applaudie de toute la cour. » C'est donc devant la cour que fut réprésentée pour la première fois, le samedi 18 août 1674, Y Iphigùnie de Racine, qui ne devait paraître à l'Hôtel de Bourgogne qu'au mois de janvier de l'année suivante. Le cadre dans lequel se montra l'œuvre nouvelle était merveilleux; Félibien, da ns sa relation des Liuertissemeiits de Versailles, donnés par le Boy à tonte sa cour, au retour de la conquête de la Franche-Comté, en l'année 16 74, nousdit que la scène « représentait une longue allée de verdure, où, de part et d'autre, il y avait des bassins de fontaines, et d'espace en espace des grottes d'u n ouvrage rustique, mais travaillé frès-delicutLinont. Sur leur entablement régnait une balustrade où étaient rangés des vases de porcelaine pleins de Heurs ; les bassins des fontaines étaient de marbre blanc, soutenus par des Tritons dorés, et dans ces bassins on en voyait d'autres plus élevés qui portaient de grandes statues d'or. Cette allée se terminait dans le fond du théâtre par des tentes qui avaient rapport à celles qui couvraient l'orchestre > et au delà paraissait une longue allée, qui était l'allée même de l'Orangcria» bordée des deux côtés de grands orangers et de grenadiers, entremêlés de plusieurs .vases de porcelaine remplis de diverses fleurs. Entre chaque arbre il y avait de grands candélabres et des guéridons d'or et d'azur qui portaient des girandoles de cristal, allumées de plusieurs bougies. Cette allée finissait par un portique de marbre; les pilastres qui en soutenaient la corniche étaient de lapis, et la porte paraissait toute d'orfèvrerie. » Ce décor féerique manquait autant de couleur locale que les costumes des interprètes de la tragédie.

Il n'y a rien de plus célèbre dans les poètes que le sacrifice d'Iphigénie. Mais ils ne s'accordent pas tous ensemble sur les "plus importantes particularités de ce sacrifice. Les uns, comme Eschyle dans Agamemnon \ Sophocle dans Electra'^, et après eux Lucrèce 3, Horace*, et beaucoup d'autres, veulent qu'on ait en effet répandu le sang d'Iphigénie, fille d'Agamemnon, et qu'elle soit morte en Aulide^. Il ne faut que lire Lucrèce, au commencement de son premier livre :

Aulide quo pacio Triviaï virginis aram Iphianassai tiirparunt sanguine fœde Ductores Danaiim^, etc.

Et Clytemnestre dit, dans Eschyle'^, qu'Agamemnon, son mari, qui vient d'expirer, rencontrera dans les enfers Iphigénie, sa fille, qu'il a autrefois immolée.

D'autres ont feint que Diane, ayant eu pitié de cette jeune princesse, l'avait enlevée et portée dans la Tauride, au moment qu'on l'allait sacrifier, et que la déesse avait fait trouver en sa place ou une biche, ou une autre victime de cette nature®. Euripide a suivi cette fable, et Ovide l'a mise au nombre des Métamorphoses '.

2. V. 530-332 ; du vers 566 au vers 574, Electre raconte toute la légende.

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