Euripide, Alceste, v
Daï^E; Si, iti'rXuv t''';'^?^; Uiptil'-i'voi, "E-Aaiov Vj Si XaiiSàvouff' l; i,-^xaKai 'Hu-à'Cfc' ahlo-c' a/./.ov, w; SavouiiÉvr].
6. Racine glisse à dessein sur certaines parties de la tragédie d'Euripide qui aur.iient semblé bien bizarres sur la sf-ène française au dix-septième sièele : nous voulons pirlcr de cet endroit où .Vdmète reproche à son vieux père Pbéresdo n'avoir pas voulu mourir à sa place, et de l'appétit d'Hercule, qui nous fait involoutairenent songer à Don César de Bazan et au quatrième acte de Huy-Blas.
mon auteur. Je conseille à ces Messieurs de ne plus décider si légèrement sur les ouvrages des anciens. Un homme tel qu'Euripide méritait au moins qu'ils l'examinassent, puisqu'ils avaient envie de le condamner. Ils devaient se souvenir de ces sages paroles de Quintilien : « Il faut être extrê- « mement circonspect et très-retenu à prononcer sur les « ouvrages de ces grands hommes, de peur qu'il ne nous « arrive, comme à plusieurs, de condamner ce que nous << n'entendons pas. Et s'il faut tomber dans quelques excès, « encore vaut-il mieux pécher en admirant tout dans leurs «■ écrits, qu'en y blâmant beaucoup de choses : » Mochsle tamen et circumspecto judicio de tantis viris pronnntianclum est, tie, quodplerUque accidit, damnent quœnon inidUgunt. Ac si ntcesse est inalteram errare partem, omnia eorum Icgentibus placer equammuUa displicere maluerlm *.
1. Institut, omt., X, i, § 26. Nous empruntons à l'édilion de M. P. Mosnard la curieuse note suivante: « Dans sa Critique des deux Ipkigénies, Pierre Perrault suppose que Philarque oppose « au torrent des remarques » de Cléobiile ce passage de Quintilien ; et la traduction dont il se sert est celle que donne ici Racine. C'est donc bien à Racine que Cléobule, c'est-à-dire Perrault lui-même, répond très peu solidement sans doute, mais assez plaisamment : <i Puisque Quintilien recommande la circonspection et la retenue dans le ingomcnt qu'on veut faire de ces grands hommes (il les ap[)elle ain^i), de peur d'y condamner ce qu'on n'entend pas, je remarque deux choses: l'une, qu'il y avait de son temps des gens qui les condamnaient, et ainsi je ne suis ni le premier ni le seul qui y trouvera à redire; l'autre, qu'il y avait donc des choses qu'on n'entendait pas, et c'était la faute de ces auteurs qui écrivaient si obscurément. «
J. J. Rousseau, dans une note de sa Lettre sur les spectacles, a exprimé la même pensée que Quintilien : « Voilà ce qui nous arrive à nous autres petits auteurs : en voulant censurer les écrits de nos maîtres, notre étourderie nous a l'ait relever luille fautes, qui sont des beautés pour des hommes de jugement. »
ACTEURS
AGAMEMNOxN U Fleur >.
ACHILLE Baron 2.
1. « Juvenon de La Fleur, comédien de la troupe de l'Hôtel de Bourgogne, succéda à Jlontlleury dans l'emploi des Rois. C'était un homme grand, beau de visage, fort bien fait, qui excellait encore pour les caractères de gascon et de capitan. On dit de lui que c'est le premier acteur qui ait eu ce qu'on appelle des entrailles, c'est-à-dire l'art de se touclier, pour toucher ensuite les autres ; ce que Floridor n'avait pas à ce degré de perfection. Il joua d'original, en 1672, le rôle du \isir Acomat, dans la tragédie de Unjuzet. 11 avait épousé la fille de Gros-Guillaume, dont il eut un fils qui prit le parti du théâtre, et qui y parut avec beaucoup de succès, comme acteur, sous le nom de la Tlmillerie. On ignore le temps Je la mort de La Fleur ; mais il n'était plus vivant en iOSu. Cet acteur avait été cuisinier. » (Abbé de la Porte, Anecd. dram.,lU, p. 243-246.)
2. Michel Baron était fds d'un marchand d'issoudun, qui s'était fait comédien, et d'une comédienne admirablement belle, qu'.^nne d'Autriche admettait à sa toilette.... Le jeune Baron entra dans la troupe de Raisin, puis dans celle de Molière, qui prit pour lui une vive atl'ection, et que Baron trompa odieusement. Samson dit dans son Art théâtral (I, 13) que c'est Molière qui lui avait appris à parler au théâtre. « Baron était né avec tous les dons de la nature ; et il les avait perfectionnés par l'art: figure noble, voix sonore, gestes naturels, intelligence supérieure. Ainsi que les grands poètes, Baron sentait bien que les règles de l'art n'étaient pas faites pour rendre le génie esclave : « Les règles, disait cet acteur sublime, tléfendent d'élever les bras au-dessus de la tète; mais si la passion les y porte, ils feront bien. La passion en sait plus que les règles. « Baron n'entrait jamais sur la scène qu'après s'être rais dans l'esprit et dans le mouvement de son rôle. 11 y avait telle pièce où, au fond du théâtre, et derrière les coulisses, il se battait pour ainsi dire les flancs, pour se passionner. Il apostrophait avec aigreur et injurieuscmont tout ce qui se trouvait sous sa main de valets et même" de camarades de l'un et de l'autre sexe, jusqu'à ne point ménager les termes, et il appelait cela respecter le Parterre. 11 ne se montrait en cliet à lui qu'avec je ne sais quelle altération de ses traits, et avec ces expressions muettes, qui étaient comme l'ebauchc du caractère de ses dillérents personnages... Il a été k' plus grand comédien qui ait peut-être existé. Il embrassait tous les rôles et les rendait également bien tous... On l'appela d'une commune voix le Roscius de son siècle. Il disait lui-même, dans ses enthousiasmes d'amour-propre, que tous les cent ans on voyait un César, mais qu'il en fallait deux mille pour- produire un Baron... Rousseau fit ces quatre vers pour être mis au bas de son portrait:
Du vrai, du paihélique il a fixé le Ion. Dl' son art encli.intcur l'illusjon divine Piétuitun nouvrau lii^lru an\ beaicléi do Racine, Ua vuile aux delauls de Piadun.
Baron quitta le théâtre en 1691, avec une pension du Roi de 1000 écus. Il y remonta en 1720, âgé de 68 ans; et il y fut aussi applaudi, malgré son âge, que dans sa première jeunesse. On lui vit jouer successivement alors ÎVéron et Burrhus, le Menteur, rôle d'un homme de vingt ans, le Père dans VAndrienne, Rodrigue dans le Cid, et le rôle de .Milhridate... Baron a laissé plusieurs pièces dont on a formé un recueil, telles que VHumme à bonnes fortunes, le Rm-^i'zvoiis de>t Tuileries, les Enlcoements, la Coquette, le Jaloux, l'Aiidrieniie, /Ecole des Pères ou les Adelphes. Si on lui disputa principalement les deux dernières, c'est sans doute parce qu'on supposait jjIus d'aflinité entre le P. de la Rue et Tércnce, qu'entre Baron et le poète latin... Le dialogue de ses pièces
aCTEURS. 3.'i7
ULYSSE , Halteroche i .
CLYÏEIINESTRE, femme d'Agamemnon. .. 51'"= de Bealchateau s. IPHIGEME, fille d'Agamemnon M'''^ Champmèlé 3.
est vif, les scènes en sont variées. Rarement elles offrent de grands tableaux, mais l'auteur sait copier, d'après nature, certains originaux aussi importuns dans la société qu'amusants sur la scène. On voit, enfin, qu'il avait étudié le monde autant que le théâtre... Le Sage dans son Diable boiteux se moque de l'âge avancé jusqu'auquel Baron resta à la scène : « Cet acteur est si vieux qu'il n'y a tête d'iiomme à Madrid qui puisse dire l'avoir vu débuter. Il y a si longtemps qu'il parait sur le théâtre, qu'il est pour ainsi dire théâtrifié. » (Abbé delà Porte, Aiiecd. dram., p. 2S-33.) Baron mourut le 22 décembre 1729 ; il n'y avait pas trois mois qu'il avait quitté la scène.
1. iSoël le Breton, sieur de Hauteroche, était à la fois acteur et poète dramatique. Très grand et très maigre, il jouait avec succès les grands confidents tr.agiqnrs. Il mourut en 1707, à Paris, à l'âge de 90 ans. Plusieurs de ses pièces, entre autres l'Espi il follet et le Deuil, restèrent longtemps à la scène. L'abbé de la Porte en dit {Anecd. drain., III, 227) : <i II ne faut chercher dans cet auteur ni détails de mœurs, ni aucun des caractères propres à les corriger. Un plan sagement construit, soutenu par une marche régulière, une intrigue bien conduite, agréablement dialoguée, des scènes coupées avec art. variées par divers incidents, un dénouement heureux pour l'ordinaire, une versification aisée, une prose naturelle, des expressions convenables au caractère des personnages, des sentiments proportionnés à leur condition : voilà ce que présentent ses meilleurs ouvrages... C'est principalement sur les mœurs bourgeoises, et sur les personnes mariées que tombe sa critique ; aussi son comique n'a-t-il rien de noble, m d'élevé. » L'abbé de la Porte est indulgent pour les œuvres de Hauteroche.
2. M. iloland dit de cette actrice, dans son édition de Molière (t. III. p. 87, note 1) : <i Madeleine du Bouget, femme de François Chàtclet, dit Beauchàteau, était une des bonnes actrices de son temps ; elle avait de la beauté et beaucoup d'esprit. Son camarade Raymond Poisson en parle d'une manière fort honorable dans son Poète basque. A'oyez, dit le baron de Calazious,
Vojez la BeauclKlleaii :
Pour une femme, elle a de l'es^iiril cumme un diable.
Mademoiselle Beauchàteau joua d'original dans les pièces de Corneille. Scudéry (Ohsi rviitions sur le Cid) nous apprend qu'elle remplissait le rôle de l'infante- En 1G73, elle faisait encore partie de la troupe de l'Hôtel de Bourgogne ; mais, peu de temps après, elle quitta le théâtre avec une pension de 1000 livres, et se retira à Versailles, où elle mourut le 6 janvier ICSO. » Molière l'a imitée dans V Impromptu de Versailles ; il tournait en ridicule la façon dont elle interprétait les adieux de Camille et de Curiace :
Iras-lu, ma chère âme, etc.
« '\'oyez-vous comme cela est naturel et passionné ? Admirez ce visage riant qu'elle conserve dans les plus grandes afllictions. » M"" de Beauchàteau protégea les débuts de Racine.
3. Marie Desmarets « était petite-fille d'un président au parlement de Rouen, qui avait déshérité son fils, parce qu'il avait fait un mariage opposé à sa volonté... Elle naquit à Rouen en 1044, fut comédienne de province, et débuta à Paris, au théâtre du Marais, en 1069, avec un succès peu commun. Elle passa à celui de Bourgogne avec son mari, à la rentrée de Pâques en 1070 ; elle le suivit en 1079, au théâtre de Guénégaud, et fut conservée à la réunion en 1080... Marie Champmélé, élevé de Racine, remplissait les premiers rôles tragiques avec un applaudissement général. Racine la forma à la déclamation, en la faisant entrer dans le sens des vers qu'elle avait à réciter, en lui montrant les gestes, en lui dictant les tons, et en les lui notant même quelquefois. Elle profita si bien de ses leçons qu'elle etfaça toutes ses rivales... » (Abbé de la Porte, .Xiiecd. drani., III, p. 102 et 100.) C'est par le rôle d'IIermione, dans Aitdi <nii(ique, qu'elle avait débuté : son succès dans les deux derniers actes avait été tel que. en sortant de la comédie, mademoiselle des OEillcts, qui avait joué ce rôle d'ori-
3 ', 8 IPHIGÉNIE
ÉRIPHILE, fille d'Hélène et de Thésée. M"* d'Ennebaut ». ARCAS, S , ,. , ,,.
ETIPYBATE I domestiques^d Agamemnon.
yEGlNE, femme de la suite de Glytemnestre. DORIS, confidente d'Eriphile.