ACTE I, SCÈNE I
Il fallut s'arrôter, et la rame inutile
Faligua vainement une mer immobile '. 50
Ce miracle inouï m|e fit tourner les yeux
Vers la divinité qu'on adore en ces lieux.
Suivi de Mcnclas, de Nestor, et d'Ulysse -,
J'offris sur ses autels un secret sacrifice.
Quelle fut sa réponse I et quel devins-je, Arcas ', 55
Quand j'entendis ces mots prononcés par Cakhas :
« Vous armez contre Troie une puissance vaine,
Si dans un sacrifice auguste et solennel
Une fille du sang d'Hélène De Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel. 60
Pour obtenir les ïents que le ciel vous dénie, * Sacrifiez Iphieénie".
Leclerc abrégeait et imitait ainsi Rotrou, qui avait mis ces vers dans la bouche d'Amyntas [Iphigénie, I, m):
Qui vit jamais les venis à l'empire de Tonde Accorder une paii si calme et si profonde ? Du moindre mouvement l'eau ne se sent friser; Zéphjre seulement ne ru>erail baiser; Kl les mille vaisseaux qui couvrent celte plaine Ont pour leur plus grand vent celui de notre haleine. Mais cette paix nous nuit, ce long repos des eaui Airête nos desseins avecque nos vaisseaux.
1. Deux vers de Virgile [En., VII, 28, et VIII, 94) ont contribué à former ce beau vers :
et in lenio Inctantur inarmure fonsae
oui remigio noclcmque dieraque fatigant.
M. Paul Stapfer, dans son livre des Artistes juges et parties, fait dire à M. Victor Hugo : « C'est justement quand la mer est immobile que la rame est utile. Et puis, quoi de plus faux, quoi de plus mesquin que l'image de cette mer fatiguée? » La seconde phrase condamne Virgile en même temps que Racine. Quant à la première, on peut y répondre que la rame était impuissante à mener jusqu'à Troie sans l'aide des >oilos les vaisseaux des Grecs. N'oublions pas d'ailleurs qu'il s'açit d'un miracle inouï; or, un peu de merveilleux n'est pas déplacé dans un miracle.