ACTE I, SCÈNE I
Moi-même (je l'avoue avec quelque pudeur) ',
(Charmé de mon pouvoir, et plein * de ma grandeur, 80
Ces noms de Roi des Rois et de chef de la Grèce
Chatouillaient de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse ".
Pour comble de malheur, les Dieux toutes les nuits,
Des qu'un léger sommeil suspendait mes ennuis.
Vengeant de leurs autels le sanglant privilège '*, 85
Me venaient reprocher ma piliè sacrilège,
E(,présentant la foudre à mon esprit confus,
Le bras déjà levé, menaçaient mes refus ^.
Je me rendis, Arcas; et, vaincu par Ulysse,
De ma fille, en pleurant, j'ordonnai le supplice ®. 90
Mais des bras d'une mère il fallait l'arracher''.
Quel funeste artifice il me fallut chercher!
D'Achille, qui l'aimait, j'empruntai le langage.
J'écrivis en Argos, pour hàler ce voyage,
Que ce guerrier, pressé de partir avec nous, 05
Voulait revoir ma fille, et partir son époux *.