‹ Théâtre completChapitre 454 sur 592 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Peut-être s'applaudit des bontés de ^on père,

Ma fille.. . Ce nom seul, dont les droits sont si saints, il5

Sa jeunesse, mon sang, n'est pas ce que je plains ^

Je plains mille vertus, une amour mutuelle,

SijLpiétéjour moi,jjia^ tendresse pour elle.

Un respect qu'en son cœur rien ne peut balancer^,

Et que j'avais promis de mieux récompenser. 120

Non, je ne croirai point, ô ciel, que ta justice

Approuve la fureur ^ de ce noir sacrifice.

Tes oracles sans doute ont voulu m'éprouvcr '* ;

Et tu me punirais si j'osais l'achever.

Arcas, je t'ai ctioisi pour cette confidence : 125

Il faut montrer ici ton zèle et ta prudence. La Reine, qui dans Sparte avait connu ta foi, T'a placé dans le rang que tu tiens près de mf>i ^. Prends cette lettre, cours au-devant de la Reine, Et suis sans l'arrêter le chemin de Mycène. 130

Dès que tu la verras, défends-lui d'avancer. Et rends-lui ce billet que je viens de tracer ®. Mais ne t'écarte point ' : prends un fidèle guide.

1. Remarquez ce vers au singulier après trois sujets ; voir à la note du vers 005 d'auti'es exemples de cette construction ((u'affectionnait Racine.

2. Ce vers vous prépare à la résignation touchante d'Iphigénie. Balancer signifie compenser. Racine avait déjà dit dans le même sens dans Bajuzet

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