Racine songeait ici sans doute au sacrifiée d'Abraham
5. C'est le vieillard qui dit lui-même dans Euripide [Iphigéniejy. 45-48; :
n^bç 5' àv5f' à-faôûv rcj-ôv te çpâffEiç*
Suvvuixooxôfiov ts ^îxatov.
d. Rendre avait le sens de remettre à son adresse. On lit dans les Lettres Persanes de Montesquieu (8) : « Ta lettre m'a été rendue à Erzeron, où je suis. » 7. C'est par ces trois mots que Racine traduit deux vers pittoresques d'Euripide ClçijÉvEia, V. 141-142) :
Mtt, vuv jjir,T àXf/tô^etç i'C,oxt Kçv.va;, n/i9' û'-vw itl/^r,;.
Euripide a beaucoup plus d'animation dans cette partie de la scène (r. 144-131):
nâvTTl $i ZÔÇOV ffy l(JTOV ^iJieîSojv
AEViTae, çuAâ.TTa>v ^-r^ zi; m 'K'x^r^ Tço/oi).oi(iiv ô/ot; rafaji-i'ians'viii IlaT^a -/oji.('^ou»T* IvOâ^ à-y.vij Aavawv irç^ç vay;.
nàXiv l; ôfjjiâî tsTe /alivoOî 'En\ KuxÀ.ui-o)V U"i; Ou;jieÀa;.
35S irniGMXIE.
Si ma fille une lois met le pied dans l'Aulide,
Elle est morte. Calchas, qui l'attend en ces lieux, i3o
Fera taire nos pleurs, fera parler les Dieux;
Et la religion, contre nous irritée,
Par les timides Grecs sera seule écoutée.
Ceux même dont ma gloire aigrit l'ambition
Réveilleront leur brigue et leur prétention, 140
M'arracheront peut-être un pouvoir qui les blesse
Va, dis-je, sauve-la de ma propre faiblesse ^. Mais surtout ne va point, par un zèle indiscret, Découvrir à ses yeux mon funeste secret. Que, s'il se peut, ma fille, à jamais abusée, 145
Ignore à quel péril je l'avais exposée. D'une mère en fureur épargne-moi les cris -; Et que ta voix s'accorde avec ce que j'écris ^. Pour renvoyer la fille, et la mère offensée, Je leur écris qu'Achille a changé de pensée, 150
Et qu'il veut désormais jusques à son retour Différer cet hymen que pressait son amour. Ajoute, tu le peux, que des froideurs d'Achille On accuse eii secret cette jeune Eriphile Que lui-même captive amena de Lesbos, 15.5
Et qu'auprès de ma fille on garde dans Argos *. C'est leur en dire assez : le reste, il le faut taire.
1. Voilà la partie faible du sujet, cette ambition d'Agamcmnon qui entre en lutte avec les sentiments les plus sacrés.
2. C'est la grande crainte d'Agamemnon : il terminera ce ppemier acte en disant :
Laissez-moi de Taulel écarter une mère.
3. C'est le vieillard qui dit dans la pièce grecque (v. 113-116) :
AÉvi ya.\ ffr.iiaiv', ïva xa\ v^iûaoTi
Toici la lettre d'Agamemnon (v. 117-123) :
AÉltoi;, iS AV.Ja; ÉV'o;,
Mtj (rriXXetv Tàv càv Tviv robç
Tàv *akT.i^Si\ tte'çuy' EOg&:a;
Aùî.tv àxX'j(r:av.
E!; ta; âWa.; ûiça; fà? S»l
HaiSî); Saiffoiitv ujiEvaisj;.
4. « On pourrait peut-être reprocher à cette admirable pièce ces vers d'Agamemnon, qui paraissent trop peu dignes du chef de la Grèce et trop éloignés des mœurs des temps héroïques. » (Voltaire, Dictionnaire philosophique. Art dramatique.'^ Racine a besoin de poser dès la première scène le personnage dEriphile.