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ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS, ^GINE

ACHILLE

Princesse, mon bonheur ne dépend que de vous '. Votre père à l'autel vous destine un époux : Venez y recevoir un cœur qui vous adore.

IPHIGÉNIE

Seigneur, il n'est pas temps que nous partions encore.

1. Achille veut venger Ménélas, qui est l'oncle d'Iphigénic et qui va devenir le sien.

2. Le costume tragique était au dix-septième siècle profondément ridicule. En 1645, la Comédie italienne, dans la /'ï)i;aP(i;.;a, montrait à la suite d'Achille, dan» la cour de Scyros, des pages semblables à ceux de la cour de France. Les grandes dames grecques de la f'rincesse d'Elide, de Molière, portaient des robes à double jupe traînantes et décolletées, avec corsages à manches demi-longues; les hommes et les femmes avaient la tête surchargée d'immenses panaches. Dans l'opéra de Thé.iée (1675), le héros portait un tonnelet court, taillé à pointes à trois jupes avec manches ouvertes et tombantes; sa tète était couverte d'un casque empanaché Ici, dans /pAî^e/H'e, Achille avait un petit chapeau surmonté d'une aigrette blanche, des gants et des bas blancs. Jusqu'en 1727, les acteurs jouèrent leurs rôles à la Comédie française en costume de ville. En 1727, mademoiselle Lecouvreur parut en costume de cour dans le Tiridate de Campistron, et cette innovation fut très applaudie. On vit, dit A. du Casse dans son Histoire anecdotique de l'ancien théâtre en Fra'ice, « un Ajax, un Ulysse, un Agamemnon en perruque de magistrat, ayant au-dessus de cette perruque un casque plus ou moins grec ou troyen ». En 1753, madame Favart entreprit une réforme radicale du costume au théâtre. On lit dans l'éloge que Favart écrivit trois semaines après la mort de sa femme (1772) : «Avant elle, les actrices qui représentaient des soubrettes, des paysannes, paraissaient avec de grands paniers, la tête surchargée de diamants, et gantées jusqu'au coude. Dans Bastienne, elle mit un haliit de laine, tel que les villageoises le portent; une cluivrlure plate, une

simple croix d'or, les bras nus et des sabots Dans la comédie des Sultanes,

on vit, pour la première fois, les véritables habits des dames turques ; ils avaient été fabriqués à Constantinople avec des étoiles du pays Dans l'intermède intitulé les Chinois, représenté aux Italiens, elle parut, ainsi que les autres acteurs, vêtue exactement selon l'usage de la Chine : les habits qu'elle s'était procurés avaient été faits dans ce pays, de même que les accessoires et les décorations qui avaient été dessinés sur les lieux. » (Favart, Mémoires, t. I,

fi. Lxxvii-Lxxviii.) Lekain et mademoiselle Clairon imitèrent dans la tragédie a réforme accomplie dans la comédie par madame Favart. Mademoiselle de Saint-Hiiberti apporta aussi à l'Opéra quelques réformes au costume.

3. Geotl'roy [Cours de litl. dram., t. VI, p. 251) dit à propos des débuts de Lafon : « On peut lui reprocher d'avoir donné au fier .\chille, dans les scènes d'amour, nn ton trop langoureux et trop fade. C'est bien assez que le goût du siècle ait forcé Racine à rendre Achille amoureux. L'acteur doit plutôt affaiblir qu'aggraver ce défaut. •

Racine, t. 111. 23

398 IPDIGÉNIE.

La Reine permettra que j'ose demander 853

Un gage à votre amour, qu'il me doit accorder.

Je viens vous présenter une jeune princesse.

Le ciel a sur son front imprimé sa noblesse *.

De larmes tous les jours ses yeux sont arrosés ;

Vous savez ses malheurs, vous les avez causés. 860

Moi-même (où m'emportait une aveugle colère?)

J'ai tantôt, sans respect, affligé sa misère.

Que ne puis-je aussi bien, par d'utiles secours,

Réparer promplement mes injustes discours?

Je lui prête ma voix, je ne puis davantage. 865

Vous seul pouvez, Seigneur, détruire v^)tre ouvrage.

Elle est votre captive ; et ses fers, que je plains,

Quand vous l'ordonnerez, tomberont de^^es mains.

Commencez donc par là cette heureuse journée.

Qu'elle puisse à nous voir n'être plus condamnée. 870

Montrez que je vais suivre au pied de nos autels

Un Roi qui, non content d'effrayer les mortels,

A des embrasements ne borne point sa gloire.

Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa victoire *,

Et, par les malheureux quelquefois désarmé, 875

Sait imiter en tout les Dieux qui l'ont formé.

ÉRIPHILE

Oui, Seigneur, des douleurs soulagez la plus vive.

La guerre dans Lesbos me fit votre captive.

Mais c'est pousser trop loin ses droits injurieux,

Qu'y joindre le tourment que je souffre en ces lieux. 880

ACHILLE

Vous, Madame?

Oui, Seigneur ; et, sans compter le reste, Pouvez-Yous m'imposer une loi plus funeste ' Que de rendre mes yeux les tristes spectateurs De la félicité de mes persécuteurs?

J'entends de toutes parts menacer ma patrie '*; 883

Je vois marcher contre eUe une armée en furie ;

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