‹ Théâtre completChapitre 514 sur 592 · SCENE M · texte numérisé non relu

SCENE M

ACHILLE, IPHIGÉME.

ACHILLE

Madame, je me lais, et demeure immobile.

Est-ce à moi que l'on parle, et connaît -on Achille? 950

Une mère pour vous croit devoir me prier?

Une reine à mes pieds se vient humilier?

El me déshonorant par d'injustes alarmes.

Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes?

Qui doit prendre à vos jours plus d'inl('rôt que moi? 955

Ah! sans doute on s'en peut reposer sur ma foi.

L'outrage me regarde ; et quoi qu'on entreprenne,

Je réponds d'une vie où j'attache la mienne '.

Mais ma juste douleur va plus loin m'engager.

C'est peu de vous défendre, et je cours vous venger, 960

Et punir à la fois le cruel stratagème

Qui s'ose de mon nom armer contre vous-même *.

IPHIGÉME.

Ah! demeurez. Seigneur, et daignez m'écouter.

ACHILLE

Quoi ? Madame, un barbare osera m'insulter*?

Il voit que de sa sœur je cours venger l'outrage ; 965

Il sait que le premier lui donnant mon suffrage,

Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux ;

Et pour fruit de mes soins, pour fruit de mes travaux.

Pour tout le prix enfin d'une illustre victoire.

Qui le doit enrichir, venger, combler de gloire, 970

Content et gkirieux du nom de votre époux,

Je ne lui demandais que l'honneur d'être h vous.

i. Ces reproches et cMlc nssurance conviennent bien au héros qui n'a jamais rien redouté. — Voir .Vi7;,rVa/c, noie du vers »56.

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