ACTE IV, SCHNE IV
Et respectant le coup par vous-môme ordonne,
Vous rendre tout le sans; que vous m'avez donné.
Si pourtant ce respect, si cette obéissance 11 83
Paraît digne à vos veux d'une autre récompense,
Si d'une mère en pleurs vous plaignez les ennuis,
J'ose vous dire ici qu'en l'état où je suis
Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie
Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie*, 1190
Ni qu'en me l'arrachant un sévère destin
Si près de ma naissance en eût marqué la fin.
Fille d'Agamemnon, c'est moi qui la première,
Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père - ;
ISiAC. — Ah! faul-il que mon cœur tous le jure?
A quoi tend ce discours et qu'eu dois-je conclure? AuRABAM. — Que teriei-vous pour uioi?
J^^tAC. — Je braverais la mort
AiiiiAiiAM. — Si je puis tant sur tous, leriez-vous uioins pour Dieu ? ISAAC. — S'illallail sous ce fer expirer en ce lieu.
Je mourrais sans murmure, aussi bien que sans crime.
Abraham. — Allez doue à l'autel, tous serez li viclime
ISAAC. — Tout uion sang pour Dieu brijlanl de s'écouler.
Je crains moins de mourir que vous de m'imuioler.
■ 1. L'Aïuironiède de Corneille disait (II, iv) :
Seigneur, je tous l'avoue, il est bien rigoureux
De tout perdre au moaient qu'on se doit croire lieuieux;
Et le coup qui surprend un espoir légiliuie,
Porle plus d'une mort au cœur de la viclime.
Mais enfin, il est juste, et je le dois bénir;
La cause des malheurs les doit faire finir.
Le ciel, qui se repent si lot de ses caresses.
Verra plu* de confiance en moi qu'en ses piomes'el,
Heureuse, si mes jours un peu piécipiles
Satisl'unt à ces Dieux pour inoi seule irrités ;
Si je suis la dernière à leur courroux olleite.
Si le salut public peut naître de ma perle !
Malheureuse pourtant, de ce qu'un si i;raiid bi(-Q
Nous a déjà coule d'autre sarij; que le mien;
Et que je ne suis pas la première et l'unique
Qui rende à Totre État la sûreté publique.