Virgile [Enéide, II
Horresco referens.
4. « Corneille appelait l'Achille, r.Vgamemiion, le Milhridate de Racine, des héros refouil^is à notre mode. » (Abbé de la Portb, Anecd. dram., I. 56:2.) Voltaire dit au contraire [Dictionnaire phdosophique, Art. dramalique, 232-233);.
IPHIGÉNIE
AGAMEMNON
Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins. 1335 Ma fille ignore cticor mes ordres souverains; Et quand il sera temps qu'elle en soit infoniire, Vous apprendrez son sort, j'en instruirai l'armée '.
ACHILLE
Ah! je sais trop le sort que vous lui réserve'?.
AGAMEMNON
Pourquoi le demander, puisque vous le savez? 1340
ACHILLE
Pourquoi je le demande ? 0 ciel ! Le puis-jc ci'oire,
Qu'on ose des fureurs avouer la plus noire?
Vous pensez qu'approuvant vos desseins odieux ^,
Je vous laisse immoler votre fille à mes yeux?
Que ma foi, mon amour, mon honneur y consente^ ? 1345
AGAMEMNON
Mais vous, qui me parlez d'une voix menaçante, Ouljliez-vous ici qui vous interrogez?
ACHILLE
Oubliez-vous qui j'aime, et qui vous outragez?
AGAMEMNON
Et qui vous a chargé du soin de ma famille ?
Ne pourrai-je sans vous disposer de ma fille *? 13.ïO
« Jamais Achille n'a été plus Achille que dans celte tragédie. Les étrangers ne pourront pas dire de lui ce qu'ils disent d'Hippolyle, de Xipharès, d'Antiochus, roi de Comageuo, de Bajazct même; ils les appellent Monsieur Bijazel, Monsieur Antiuchus, Monsieur Xiph-iiès, HJonsieur Hippolyte, fA, je l'avoue, ils n'ont pas tort. — Achille aime Iphigénie, et il le doit; il la re^'arde comme sa femme, mais il est beaucoup plus fier, prus violent qu'il n'est tendre; il aime comme Achille doit aimer, et il parle comme Homère l'aurait fait parler, s'il a\ait été Français. » 1. On lit dans les Fastes de la comédie franç^nse, par Ricord ainô (p. 173- 174) : « Les amateurs qui ont vu jouer le rôle d'Agamemnon à Saint-l'rix, se rappelleront sans doute de {sic) lui avoir entendu déclamer les vers suivants de la manière que je vais indiquer :
SeiL'neur, je ne rends point compte de mes desseins,
Ma fille ignore encor mes ordres somerains
Et quand il sera temps qu'elle en soit inluriiiee,
Vou» apprendrez son sort, j'en instruirai l'année.
Il scandait les deux premiers vers jusqu'aux mots mes ordres, et là, changeant de ton et prenant sa voix dans le bas, il prononçait, en appuyant fortement et d'une manière traînante, celui de souverains; même monotonie dans les deux derniers vers, et même changement pour le mot armée, ce qui détachait les deux mots souvei-ains et armée de la couleur donnée à sa diction, et produisait un eflet très singulier. »
•i, Var- Vous croyez qu'approuvant vos desseins odieux (1675-87).
?. Voir la note du vers 905.