SCÈNE III
CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ^GINE, EURYBATE, gardes.
CLYTEMNESTRE
Oui, je la défendrai contre toute l'armée ^ Lâches, vous trahissez votre reine opprimée ?
EURYBATE.
Non, Madame, il suffit que vous me commandiez - :
Vous nous verrez combattre et mourir à vos pieds. 162d
Mais de nos faibles mains que pouvez-vous attendre?
Contre tant d'ennemis qui vous pourra défendre?
Ce n'est plus un vain peuple en désordre assemblé ;
C'est d'un zèle ^ fatal tout le camp aveuglé.
Plus de pitié. Calchas seul règne, seul commande: 1625
La piété sévère* exige son ofl'rande.
Le Roi de son pouvoir se voit déposséder.
Et lui-même au torrent nous contraint de céder.
Achille, à qui tout cède ^ Achille à cet orage
Voudrait lui-môme en vain opposer son courage. 1630
Que fera-t-il. Madame V et qui peut dissiper ^
Tous les flots d'ennemis prêts à l'envelopper?
CLYTEMNESTRE
Qu'ils viennent donc sur moi prouver leur zèle impie,
Et m'arrachent ce peu qui me reste de vie.
La mort seule, la mort pourra rompre les nœuds 1635
Dont mes bras nous vont joindre et lier toutes deux.
Mon corps sera plutôt séparé de mon âme '',
l.Le premier hémistiche du \ers 1501 explique celle entréede Clytemnestre. les gardes ont été repoussés, et, dans sa douleur, Clvtemnestre accuse de trahisou cette poignée d'hommes qui c'a pas su s'ouvrir un chemin à travers une armée tout entière.