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sent qu'elle vieillit, car « son miroir ne lui en peut plus cacher mille témoignages ' », se résout à partager un cœur, qu'un acte de cruauté de sa part lui enlèverait peut-être à tout jamais ; elle laissera vivre Floridon : « Je la vais faire passer à Péra; là, elle sera logée dans un Serrail, où je ne veux pas que rien lui manque, et où elle n'aura rien qui lui puisse faire remarquer la décadence de sa fortune, que d'être l)rivée de l'honneur de me voir. Choisis tel jour de la semaine que tu voudras pour le passer avec elle, il te le sera permis f mais si hors ce jour-là je découvre que tu la voies un seul moment, ni le souvenir de l'amitié que j'ai eue pour elle, ni la passion que j'ai pour toi, ne me pourront empêcher de vous faire moiirir tous deux dans les plus cruels supplices qu'on puisse imaginer, quand le déplaisir de t'avoir donné la mort me devrait coûter la vie un moment après 2. » Tout s'accomplit comme l'entend la Sultane. Elle a si bien pardonné à l'ingrat, qu'Amurath, à la suite d'uue sédition de ses troupes qui veulent élever Bajazet au trône, a3ant envoyé l'ordre d'étrangler son frère, Roxane fait mettre à mort le courrier. Mais elle apprend bienlôt qu'elle est encore trompée, et que Bajazet se rend plus souvent à Péra qu'il ne lui est permis. Elle feint d'être malade, se déguise, le suit, et n'a bientôt plus de doutes; elle se résout donc à hi perte du perfide : « Mais quand il lui fallait songer à la manière de l'exécuter, quand elle se représentait qu'elle ne le verrait plus, et quand elle songeait combien elle l'avait aimé, ce n'était pas un léger combat dans son esprit. Ses menaces méprisées et son amour outragé tant de fois lui inspirèrent les plus cruelles résolutions dont une femme irritée puisse être capable ; mais les charmes de Bajazet et l'amour invincible qu'elle avait pour lui le défendaient extrêmement. »
Enfin le Sultan envoie un nouveau courrier; Roxane ne fait plus de résistance aux ordres de son fils, et Bajazet est étranglé le soir même : a Floridon évita d'abord la colère de la Sultane; mais peu à peu elle fit sa paix au point que la Sultane la souÉfrit dans Constantinople. Elle accoucha d'un fils qu'elle eut de Bajazet ; la Sultane aima même cet enfant, et c'est ce jeune Prince qui, ayant été envoyé par sa mère à la Mecque, avec une autre Sultane de ses amies qui y allait par dévotion, fut pris, il y a cinq ou six ans, par les Chevaliers de Malte, avec tous les riches présents qu'elle y envoyait*. »
Il semble que la Nouvelle de Segrais n'ait pas été très répandue, et, dans tous les cas, qu'elle n'ait pas été connue de Racine ; sans quoi le poète n'aurait fait que jouer sur les mots et équivoquer, en écrivant que le sujet de sa tragédie ne se trouvait encore dans aucune histoire imprimée. 11 est évident que Segrais et Racine ont développé le même fait, et les rapports entre les deux œuvres sont fort noni-
breux, comme l'a pu montrer cette analyse, bien que l'action présente quelques différences. Ainsi Roxane n'est plus dans Racine la mère, mais la favorite d'Amuraih, ce qui relève un peu Bajazet à nos yeux; Floridon n'est plus une esclave, mais une princesse, et, à part le nom du personnage, le rôle d'Acomat appartient tout entier à Racine. La vengeance de la Sultane est, dans Segrais, bien peu turque et bien peu vraisemblable; et il est étrange que Corneille ait justement choisi l'auteur de FloridoJi pour lui faire remarquer tout bas que Racine avait habillé ses Turcs à la française ' .
Tous les ennemis de Racine s'empressèrent de se ranger à l'avis de Corneille, et ce fut désormais la critique à la mode. On n'y avait pas songé tout d'abord (on ne s'avise pas de tout), puisque, le 13 janvier, Madame de Sévigné écrivait à sa fille : « Racine a fait une comédie qui s'appelle Bajazet, et qui enlève la paille ; vraiment elle ne va pas en empirando comme les autres. M. de Tallard dit qu'elle est autant au-dessus de celles de Corneille que celles de Corneille sont au-dessus de celles de Boyer; voilà ce qui s'appelle bien louer; il ne faut point tenir les vérités cachées. Nous en jugerons par nos yeux et nos oreilles :
Du bruit de Bajazet mon âme importunée
fait que je veux aller à la comédie. »
Ainsi tout d'abord un concert d'éloges s'est élevé, qui a étouffé les critiques, s'il s'en est produit. Madame de Sévigné va à l'Hôtel de Bourgogne, et, le 15 janvier, elle rend compte à Madame de Grignan de ses impressions : « La comédie de Racine m'a paru belle ;
nous y avons été J'y trouve quelque embarras sur la fin ; il y a
bien de la passion, et de la passion moins folle que celle de Bérénice. Je trouve cependant, à mon petit sens, qu'elle ne surpasse pas An- (Iromaque. » Le mot de Corneille ne s'était pas encore répandu. Lorsque paraît la pièce imprimée, il a déjà fait fortune ; on le répète, on le commente ; de Visé écrit dans le Mercure : « Le sujet de cette tra-
1. On a dit aussi que l'idée de Bajazet, ou tout au moins de l'intrigue de la pièce, avait été inspirée à Racine par des événements contemporains, et l'on a rappelé la reine Christine de Suède faisant assassiner en 1636 l'infidèle Monaldeschi, on a parlé du prince de Condé et de Mademoiselle du Vigean : « Le duc d'Enghien, dit Madame de Motteville {Mémoires, I, p, 2U5), avait une si forte passion pour Mademoiselle du Vigean. que j'ai ouï dire à Madame du Vigean, sa mère, qu'il lui avait souvent dit vouloir rompre son mariage, comme ayant épousé la duchesse d'Enghien, sa femme, par force, afin d'épouser sa fille, et qu'il avait même travaillé à ce dessein. .l'ai ouï dire à Madame de Montausier, qui a su toutes ces intrigues, que ce prince avait fait semblant d'aimer Mademoiselle de Bouteville, par l'ordre exprès de Mademoiselle du Vigean, afin de cacher en public l'amitié qu'il avait pour elle; mais que la beauté de Mademoiselle de Bouteville ayant donné de la frayeur à Mademoiselle du Vigean, elle lui avait défendu peu après de la voir, et de lui parler, et qu'il lui avait obéi si ponctuellement que, tout à coup, il rompit tout commerce a%ec elle, ut que, pour montrer qu'il n'avait nul attacnement à sa personne, il l'avait fait épouser à d'Andelot. » On peut citer aussi Louis XIV et Mademoiselle de La Valliere. Celte ntrigue est à la mode dans le théâtre du xvn« siècle Pradon l'introduit très maadroitement dans l'hcdr,; et Hippolyte.
gédie est turc, à ce que rapporte l'auteur dans sa V ré face », et, le 16 mars. Madame de Sévigné répondait à Madame de Grignan, qui avait sans doute parlé de Bajazet avec sévérité : « Vous en avez jugé très-juste et très-bien. Je voudrais vous envoyer la Champmeslé pour vous réchauffer la pièce. Le personnage de Bajazet est glacé ; les mœurs des Turcs y sont mal observées; ils ne font point tant de façons pour se marier. Le dénouement n'est point bien préparé; on n'entre point dans les raisons de cette grande tuerie. Il y a pourtant des choses agréables, et rien de parfaitement beau, rien qui enlève, point de ces tirades de Corneille qui font frissonner.... Il y a des endroits froids et faibles, et jamais Racine n'ira plus loin qn' Alexandre et (\\ii'Andromaque. Bajazet est au-dessous, au sentiment de bien des gens, et au mien, si j'ose me citer : Racine fait des comédies pour la Champmeslé : ce n'est pas pour les siècles à venir. » Mettre Bajazet au-dessous à.' Andromaque , ce n'était pas rav.iler beaucoup la tragédie nouvelle ; mais la proclamer inférieure à ï Alexandre, c'était trop en vérité ; c'était dire qu'on n'admirait dans Racine que ce qu'il avait imité de Corneille ; le parti pris se laissait voir, et enlevait toute autorité au jugement de Madame de Sévigné.
Racine a réfuté dans sa Seconde Préface les objections élevées contre sa tragédie. Il l'a fait brièvement et avec calme, mais d'une façon décisive, et ce que nous pouvons avoir à dire ne sera guère que le développement du paragraphe qu'il a supprimé à sa Seconde Préface après 1C87, alors qu'il semblait inutile, les critiques étant tombées, d'en conserver la réfutation. Mais ces critiques ont reparu au xviii* siècle et à l'époque romantique ; elles ont été répétées très haut ; voilà pourquoi nous croyons devoir revenir sur un débat qui n'est pas encore fermé, et donner ici une opinion dégagée de toute prévention.
Quatre fois Racine a mis sur le théâtre une femme en proie aux fureurs de la jalousie ; quatre fois il a peint la même passion, et (c'est là oii se révèle la main d'un maître) chaque fois il a su marquer par des traits si différents l'âge et le caractère de ses héroïnes, qu'il est impossible de les confondre l'une avec l'autre: Hermione, Roxane, Eriphile et Phèdre sont des femmes jalouses, et ne sont pas la femme jalouse ; et les circonstances particulières dans lesquelles se développe la passion de chacune d'elles donne à cette passion un caractère particulier.
Hermione a pour elle la sainteté d'un amour légitime, l'horreur des serments violés, et l'excuse d'une jeunesse brillante et adulée ; malgré ses emportements et son orgueil, nous sommes avec elle, lorsqu'elle accable de ses reproches Pyrrhus qui l'a trahie; nou.s savons qu'aucun calcul n'entre dans son crime, et que son cœur saignera lui-même du coup qu'il aura ordonné dans un moment de surprise ; enfin elle se tuera sur le corps de Pyrrhus, pour suivre dans la mort colui qui. infidèle à ses serments, n'a pas voulu d'elle pour compagne de sa vie. Tous les personnages d' Andromague
méritent note sympathie, et c'est de là que vient l'intérêt toujours nouveau de ce chef-d'œuvre.
Phèdre est la victime douloureuse et chaste de la déesse lascive adorée dans Paphos ; elle déteste le crime qu'elle commet, et une force invincible la pousse à le commettre. En vain elle a voulu mourir, plutôt que d'avouer sa passion ; les Dieux et le poète ont enchaîné un concours de circonstances qui l'ont amenée malgré elle àdévoiler sa tendresse incestueuse. Elle aime de toute l'énergie d'une femme parvenue à la maturité de sa beauté et de son âge ; elle aime de toute la haine d'une divinité implacable, qui a juré de se venger sur la race de Minos ; elle aime enfin de toute l'horreur de ses remords. Et lorsque la jalousie viendra torturer d'un dernier supplice cette femme née vertueuse, la résistance héroïque de sa droiture première, sa confession éclatante et sa mort volontaire arracheront nos pleurs et forceront notre estime.
Tout autre est Eriphile ; jeune comme Hermione, elle n'a pas comme elle l'excuse d'un amour approuvé par les Dieux; sa passion pour Achille est née d'un regard ; elle est formée d'admiration pour la beauté autant que pour la jeune gloire du héros. A cet amour se joignent une jalousie basse et une haine livide. Sans aucun droit sur le prince auquel elle ose aspirer, sans qu'elle ait pu même penser à lui avouer son amour, elle poursuit de la rancune implacable d'une bâtarde irritée contre la société celle qui, née sur les marches d'an trône, est destinée à devenir l'épouse d'Achille. Hermione, condamnant celui qu'elle adore, se punit elle même ; Eriphile, dénonçant lâchement sa bienfaitrice, a le fol espoir qu'un jour elle recevra le prix de sa trahison. Hermione est une victime de l'amour, sur le corps de laquelle on peut sans rougir verser des larmes; Eriphile est une vipère, dont on doit écraser la tète d'uQ coup de talon .
Ces trois femmes ne se ressemblent pas entre elles, et toutes trois ressemblent à Roxane ; la Sultane a tous les transports qui les condamnent, sans la passion légitime, les remords et la jeunesse qui les excusent; figure colossale et d'autant plus terrible qu'elle cache la perversité maladive de l'âme sous l'éclat d'une beauté parfaite. Corneille, qui écrivait alors PuLchérie, n'avait pas saisi ce qui fait l'originalité profonde du rôle de Roxane ; il n'avait pas vu ou pas voulu voir que cette figure était à sa place dans le sérail, et n'était à sa place que là.
Au xviu« siècle, ,1e rôle de Roxane a été de la part d'une habile et consciencieuse artiste. Mademoiselle Clairon, l'objet d'une étude particulière, et elle nous a laissé dans ses Mémoires^ des réflexions sur ce personnage qui seront ici tout à fait à leur place : « Roxane est une de ces beautés malheureuses, condamnées par la misère et l'avilissement de leurs entours à désirer l'esclavage, à le voir
l'unique route de tous les biens. — Ces esclaves, destinées aux plaisirs d'un maître que leur cœur ne clioisit pas, et que souvent il rejette ; ignorant ou surmontant les combats que doivent rendre la pudeur et la décence avant de se livrer; observées, contenues dans le sérail par des êtres hideux, cruels, mutilés; toujours tremblantes sous l'autorité la plus arbitraire; humiliées de rester trop longtemps dans la foule des esclaves, ou craignant le dégoût qui peut les y faire retomber, peuvent-elles se trouver susceptibles d'un sentiment doux, libre, exclusif? Peuvent-elles avoir l'idée d'un véritable amour? Je ne le crois pas. — La vanité de l'emporter sur leurs rivales, l'ambition de parvenir au rang suprême, la nécessité d'intriguer pour s'y maintenir, celle d'amasser des trésors pour s'assurer des appuis, les besoins de leurs sens, doivent être les seuls sentiments, les seules passions, dont elles peuvent avoir l'idée, et se promettre la jouissance. La femme condamnée à vivre sous un despotisme éternel doit contracter forcément l'habitude de la crainte, de la dissimulation, et même du mensonge; et tout ce qui flétrit l'âme conduit plus facilement à la férocité qu'à la tendresse. Le caractère de Roxane est au moins présenté sur ce modèle : elle est continuellement ingrate, altière, cruelle, ambitieuse. » Ces réflexions d'une tragédienne qui cherchait les applaudissements, non dans les excentricités ou dans la réclame, mais dans l'étude patiente et réfléchie des chefs-d'œuvre qu'elle interprétait, sont sages et justes. Il semble bien qu'Amnrat n'ait jamais été pour Roxane qu'un maître. L'esclave a subi les caprices et la passion du Grand Seigneur, et son ambition seule a été satisfaite des tendresses qu'il lui a témoignées. Sa première jeunesse est passée ; elle approche de trente ans; elle a d'autant plus soif des ivresses de l'amour que l'amour est inconnu au sérail ; elle n'a vu d'autre homme qu'Amurat. Il suffit donc qu'Acomat lui vante les charmes de Bajazet pour qu'elle se flatte enfin de réaliser le rêve secret de sa pensée. Mais, née esclave, elle a toutes les ambitions de la parvenue; Sultane, elle a toutes les cruautés du despote oriental. Les rôles sont renversés ; comme le Grand Seigneur fait coudre dans un sac et jeter dans le détroit l'esclave qui s'est rendue coupable d'infidélité, Roxane entend faire l'amour le poignard à la main. Elle ne cherche dans le bonheur d'aimer qu'une jouissance sensuelle, comme elle le voit faire aux Sultans. Un tel amour ne trouble pas sa raison au point de l'égarer. Elle veut contenter à la fois la fièvre de son ambition et celle do ses sens ; elle ordonne qu'on l'aime, bien plus, qu'on l'épouse; Bajazet refuse, et, comme la vie d'un être humain, même d'un prince, comptait pour peu de chose au sérail, Roxane, qui se fie encore au pouvoir 'Je sa beauté sur les yeux d'Amurat, tue celui qui ose lui résister ; elle le tue froidement, et, tandis que Pyrrhus sait en mourant qu'il est victime de l'amour furieux d'Hermione, Eajazet doit prévoir la cruauté calme et ironique avec laquelle Roxane, après sa mort, va
tourmenter l'infortunée Atalide. Il faudrait cependant se garder d'aller trop loin dans le sens que nous venons d'indiquer; n'oublions pas que la pudeur des sentiments et la pudeur de l'expression ne s'éloignent jamais du théâtre de Racine. Il y a deux sortes de vérités : celle de la nature, et celle de la poésie. Le poète eût rougi de l'interprétation que quelques critiques, Jules Janin en tête, ont donnée à tel vers de Bajazet, ^t il eût remercié Alfred de Musset de rappeler dans son article sur la Reprise de Bajazet les artistes et les critiques à la vérité poétique de l'œuvre : « Veux-je dire que Roxane soit une vestale? Non, Dieu merci, c'est une tête de fer, passionnée, fougueuse; c'est une Sultane, une esclave, une amante, tout ce qu'on voudra ; mais elle a passé par le noble cerveau de Racine ; et croyez qu'un poète qui mettait deux ans et demi à traduire la Phèdre d'Euripide, presque vers par vers (comme Schiller, à son tour, a traduit la traduction française) *, croyez, dis-je, que ce poète avait dans l'âme un certain instinct de la beauté et de l'idéal, qui ne s'accommode pas d'héroïnes tigresses. Celui qui passe une heure à polir un vers n'y fait pas entrer une idée honteuse; si sa pensée est cruelle, il sait l'adoucir; ardente, la purifier; amoureuse, l'ennoblir; jalouse, la sonder sans trouble; sublime et chaste, l'exprimer simplement; s'il a à peindre une Roxane, il la peindra, n'en douiez pas, et sans qu'un trait manque au tableau ; mais chaque trait sera tel que nulle autre main que la sienne ne l'aura pu dessiner; et de cette main le cœur en répond. Avant tout, la poésie est là qui veille, cette rose empoisonnée dont parle Shakspeare, et dont le parfum ne s^échappe qu'avec crainte, modestie et honnêteté. Voilà pourquoi une enfant de seize ans, quand elle s'appelle Rachel, peut jouer Roxane. »
Mais en dépit des atténuations que Musset recommande d'apporter à l'interprétation de ce personnage, nous nous croyons en droit d'affirmer que Roxane est bien turque. Et voilà déjà un personnage pour lequel tombe à faux la critique à la mode au xvii' siècle. Il semble bien que cette critique ait épargné le rôle d'Acomat, et que le personnage du grand visir ait toujours été jugé comme il l'a été par Voltaire 2 : « Je ne vois rien dans l'antiquité ni chez les modernes qui soit dans ce caractère, eL la beauté de la diction le relève encore: pas un seul vers ou dur ou faible ; pas un mot qui ne soit le mot propre ; jamais de sublime hors-d'œuvre, qui cesse alors d'être sublime ; jamais de dissertation étrangère au sujet ; toutes les convenances parfaitement observées ; enfin ce rôle me paraît d'autant plus admirable qu'il se trouve dans la seule tragédie où l'on pouvait l'introduire, et qu'il aurait été déplacé partout ailleurs. »
Il nous reste à parler des deux rôles de Bajazet et d'Atalide, et ceux-là, il faut en convenir, prêtent le flanc à la critique, et sont la
1. Ce rapprochement n'est p;is exact : Schiller a traduit la Phcdre de Racine ; Racine a ùnilé X Hippolyte d'Euripide.