Voir la Thébaïde, note du vers
9. Si Roxane croyait Bajazet, elle n'épouverait pas le besoin de le lui dire. le tou de l'actrice doit indiquer qu'elle parle contre sa pensée.
R ^riNE, t. III. ^
Mais avcz-vous prévti, si vous ne m'épousez,
Les périls plus certains où vous vous exposez '?
Songez-vous que sans moi tout vous devient contraire*? 505
Que c'est à moi surtout qu il importe de plaire ?
Songez-vous que je tiens les portes du Palais,
Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais,
Que j'ai sur votre vie un empire suprême,
Que vous ne respirez qu'autant que ' je vous aime? 510
Et sans ce même amour qu'offensent vos refus*,
Songez-vous, en un mot, que vous ne seriez plus ^ ?
Oui, je tiens tout de vous; et j'avais lieu de croire
Que c'était pour vous-même une assez grande gloire,
En voyant devant moi tout l'Empire à genoux ^, 515
De m'enlendre avouer que je tiens tout de vous ''.
Je ne m'en défends point, ma bouche le confesse,
Et mon respect saura le confirmer sans cesse *.
Je vous dois tout mon sang : ma vie est votre bien*;
1. l'iiis(iiie B;ijazet fait taire entièrement l'amour pour no parler que le langage de la raison, Roxane essaie de se placer sur le même terrain que lui. L'un et l'autre dit ce qu'il doit dire ; mais nos préjugés ne nous permettent pas de nous intéresser à cette lutte entre une esclave, qui, le mot de reconnaissance à la bouche, prétend se faire épouser, et un homme qui résiste aux avances d'une jolie femme éprise de lui. — Il faut dans ce vers bien détacher ces deux mots : flius certains. <i Sa voix était incisive et âpre ; sans menace apparente, elle faisait, cependant pressentir la catastrophe terrible qui termine la pièce. » (M. V^del, iXotice sur Rachcl, p. 65.)