‹ Théatre completChapitre 11 sur 407 · VIE DE SCARRON. XI · texte numérisé non relu

VIE DE SCARRON. XI

entre Tifs fut maintenue ^ Il fallut que Scarron se contentât de U rente que durent lui faire, en maugréant quoi qu'ils eussent gagné, ses deux I)eaux- frères et son neveu. Que revint-il aux deux sœurs? Nous l'ignorons, mais ce dut être assez peu de chose. Nous les trouvons, en effet, je le répète, toujours chez Scarron, après comme avant le procès, et toujours aussi nécessiteuses. 11 est probable que leurs intérêts étant confondus avec ceux de leur flrère, elles avaient une part dans la rente.

Scarron ne semble pas avoir regimbé contre l'arrêt de ses Juges, Il se soumit, espérant qu'il aurait quelque jour sa revanche — or, c'est ce qui arriva, comme on le verra bientôt — et no man« quant aussi aucune occasion de maudire sa malheureuse donation.

Il en parle jusque dan» V Enéide fravesn'tf, où l'une des grandes preuves qu'il donne de la sagesse d'Énée, c'est qu'il ne Qt jamais sottise pareille. Dans une de ses ÉpUres*, il s'en explique encore plus amèrement : Et, dit-il à un ami.

Et surtout le Seigneur tous garde D'être donateur entre vifs ; Car les donataires sont Juifs; Sitôt que la sottise est faite.

Le trépas du sot on souhaite, Et s'il ne meurt c'est un larron, Exemplum ut Paulus Scarron,

Âfln de pouvoir vivre pendant l'inlerminable procès qui tenait en suspens ses meilleurs ressources, il avait, comme on dit, fait ûèche de tout bois. Le revenu de son canonicat lui restait, mais pour comble de disgrâce il le perdit et ne put qu'à grand'peino avoir un bénéfice équivalent. M. do Lavardin, qui venait d'être fait évêque du Mans, le sachant fort malade, s'imagina un beau jour qu'il devait être mort, et comme il avait alors à sa disposition plusieurs prébendes vacantes, du même coup il disposa de la sienne >. Scarron, par une réclamation des plus vives, lui prouva haut et clair qu'il était bel et bien vivant. Il eut la compensation qu'il demanda, mais, nous le répétons, à grand'peine. Un autre béné* flce lui eut été d'un grand secours. Après l'avoir trop tard sollicité de Richelieu, il le sollicita de Mazarin, mais quoiqu'il ne le voulut que des plus modestes, « si simple, disait-il, qu'il n'y faudrait que croire en Dieu, » il n'obtint rien. H fut plus heu* reux du côté de la Reine, grâce à madame de Haute fort. Anne d'Autriche désira le voir. Il se fit porter au Louvre, y reçut le meilleur accueil, et n'en revint qu'avec la promesse d'une pen-

1. Fhilib. de Lamare, Mélanges^ aux Mss. de la Bibliothèque nationale, Fonds Bouhier, n» 36, p. 454.

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