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XII Vllfi DE SCARRON.

sion de cinq cents écus, et le titre singulier de « Malade de la Reine en titre d'ofûcc. » Il ne le méritait que trop, le pauvre . homme, et personne, que je sache, n'aurait pu le lui disputer.

11 eut bien désiré, comme conséquence naturelle de sa charge bizarre, obtenir, ce qui l'eût rendu plus sérieuse, un logement au Louvre ; il n'y parvint pas. Une nouvelle tentative qu'il Ût près d6 Mazarin ne réussit pas mieux. Il venait de terminer son poème burlesque de Typhon ou la Gigantomachie, 11 l'envoya au ministre, magnifiquement relié, « avec chiffres et armoiries, » et précédé d'un sonnet des plus flatteurs. Le ministre nu lut pas le sonnet, et n'eut qu'un coup d'œil de dédain pour le livre. Scarron en fut pour ses frais et pour ses vers. De rage, il les déchira, et son Typhon parut sans dédicace. Ce n'est pas qu'il n*en eût une toute prête, un nouveau sonnet, contre-partie violente du premier, dans lequel il disait sa déconvenue, et traitait Mazarin a de mauvais riche, »> mais on conçoit que s'il osa le lire à ses amis, et le laisser courir, il ne se risqua pas à le publier* .

11 avait espéré, en échange de son sonnet, le premier, quelque joli présent pour le moins. C'était alors l'usage. Les auteurs se faisaient ainsi de petits bénéfices préliminaires, où leurs libraires n'avaient rien à voir. Scarron, qui n'ignorait pas cette industrie, dont le résultat ne fut nul, pour lui, que chez le ministre, en sut tirer avantage chez de moins avares : le premier président dé Bellièvre, par exemple, qui le fit remercier, argent comptant, par Ménage^, de la dédicace qu'il lui avait faite en 1645, du premier recueil de ses Œuvret^^ ; la fille de Gaston, aussi, de laquelle il reçut, par les mains de Segrais, pareil remerctment en belles et bonnes espèces, pour la pièce de l'Écolier de Salamanquef qu'il lui avait adressée avec une belle épftre*.

On a su de Segrais lui-même ce que gagna exactement Scarron pour ces deux dédicaces : « Monsieur de Bellièvre, dit-il, lui envoya cent pisloles pour celle qu'il lui avait adressée, et je lui en portai cinquante de la part de Mademoiselle, pour une petite comédie qu'il lui avoit aussi dédiée^. »

Ses ouvrages, poèmes ou pièces, se vendaient bien. Lui-même nous dit que son libraire Toussaint Quinet ne perdit pas son temps à crier aux passants, dans la galerie du Palais où il avait son étalage, les louanges « du Typhon et du Jodelet^ qui m'ont, ajoute-t-il, fait fameux écrivain^. » Les sept premiers livres du

1. Il se trouve dans ses Œuvres, t. VII, p. 334, mais on y chercherait vainement l'autre.

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