‹ Théatre completChapitre 125 sur 407 · DON DIÈGUE, HÉLÈNE, DON JUAN · texte numérisé non relu

DON DIÈGUE, HÉLÈNE, DON JUAN

Hé! madame, qui donc vous fait la guerre ainsi?

HÉLÈNE

C'est monsieur.

Don Juan, puis-je croire ceci ?

HÉLÈNE

J'étais devant ma porte, une dame inconnue

Avecque sa suivante à la hâte est venue

Se sauver près de moi pour éviter l'abord

De monsieur que voilà, qui la courait bien fort.

H Paime, à ce qu'il dit, elle ne l'aime guères.

Et le lui vient de dire eu paroles bien claires.

Lui, sans se rebuter dé sa sévérité,

La veut accompagner contre sa volonté.

Son importunité m'a semblé bien étrange.

Et c'est peu respecter ce qu'il nomme son ange.

Je l'ai voulu prier, je n'ai rien obtenu.

C'est où nous en étions, quand vous êtes venu.

Ah ! seigneur don Juan, nous devons tout aux dames. Les hommes ne sont nés que pour servir les femmes.

D. JUAN

Ce que vous dites là, qui le sait mieux que moi ? Mais lorsque j'ai pensé faire ce que je doi. Lui présenter la main pour la mener chez elle, Elle m'a refusé, l'ingrate, la cruelle.

Elle a fait l'inconnue et m'a caché ses yeux. Après deux ans entiers que j'ai brûlé pour eux. A la fin, la fureur suivra la patience.

Prétendez-vous vous faire aimer par violence ? L'amour se doit gagner et ne se peut ravir. Si vous le trouvez bon, je m'ofTre à vous servir, Demain, si vous voulez, je lui rendrai visite.

D. JUAN

Je suis au désespoir.

Un homme de mérite Doit espérer toujours.

D. JUAN

Ah ! l'ingrate beauté A trop peu de justice et trop de cruauté. J'ai juré de lavoir; je ne puis, sans offense...

Don Juan, en amour, le vœu d'obéissance Va devant tous serments. Allons.

D. JUAN

Je le veux bien.

Vous promettez beaucoup, mais je n'espère rien.

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