ACTE II, SCENE IV. U
Vous meTavez chez moi justement reproché, Et ne vous voyaat point j'en ai fait pénitence, Et j'en ai tout de bon beaucoup de repentance.
LÉONORE
Et ne me voyant point vous n'avez point souffert;
Ce que l'on n'aime point, sans regret on le perd.
Si vous avez de moi la mémoire perdue.
Puis qu'à notre mérite elle n'était pas due,
Me dire qu'en cela vous avez bien péché,
C'est rire à mes dépens et même à non marché.
Vous adorez des yeux qui vous gardent des nôtres,
Mais, seigneur don Diègue, ouvrez un peu les vôtres;
Ne faites pas de moi ce mauvais jugement
De croire (ju'à dessein de tromper seulement.
Je vienne ici chez vous, vous avertir qu'Hélène
Amuse votre amour d'une espérance vaine.
D'elle-même je sais que son affection
Suit seulement l'espoir d'une succession,
Que la succession, ou tardive ou manquée,
Rendra de tous vos soins l'espérance moquée,
Et que ce dessein seul fait qu'elle vous reçoit.
Ne doutez nullement aue tout cela ne soit :
A moi-même tantôt elle a fait confidence
De cette trahison, qu'elle nomme prudence.
Je suis la dame même à qui ce don Juan,
Plus funeste pour moi que n'est un chat-huan,
A causé le bonheur de se voir dégagée
Par vous, lorsqu'il m'avait chez Hélène assiégée.
Vous m'obligeâtes moins en me sauvant du feu ;
Peut-être cet avis vous importune un peu.
Ne vous en prenez point à moi qui vous le donne ;
Je ne fais qu'obéir à certaine personne,
Dame de grand mérite, et qui vous aime assez.
Pour souhaiter ailleurs vos feux récompensés.
Sans votre engagement vous auriez avec elle,
Ce que vous ir aurez point avec votre infidèle.
Elle a six mille écus de rente, en qualité
Elle surpasse Hélène, et peut-être en beauté ;
Ne considère en vous que votre seul mérite :
Et là-dessus, monsieur, je finis ma visite.
D. DIÉGUE. ^
Et ne saurai-je point sa demeure et son nom ?
LÉONORE
Sans le bien mériter, je pense bien que non.
D. DIÂGUB,
J'irai chez vous l'apprendre.
LÉONORE
Et que dirait Hélène ?
Non', nou, u*y venez pas, je n'en vaux pas la peine,