‹ Théatre completChapitre 17 sur 407 · VIE DE SCAKIION. XVII · texte numérisé non relu

VIE DE SCAKIION. XVII

la note citée tout à Theare, tous m'enverrez tout ce que vous trouverez de Raymond LuUe*.. Je suis aujourd'hui plus mal que je ne l'ai jamais été, et n'ai plus d'espérance qu'en Tor potable *. » Ces derniers mots expliquent tout. Le pauvre Scarron ne cherchait pas, ainsi qu'on l'a pu penser d'après un autre document*, à faire de l'or pour être plus riche. Il ne voulait que guérir, et, comme l'or potable passait pour être la grande panacée, coûte que coûte, dût-il le faire lui-même, il lui fallait de l'or potable.

Celte préoccupation de guérir, que son mal n'aiguillonnait que trop, ne lui laissait ni répit ni cesse. C'est ce qui lui fit quitter le Marais pour le faubourg Saint-Germain, où il n'était bruit que d'un empirique, dont on avait autorisé les essais à l'hôpital de la Charité, et qui passait notamment pour préparer des bains de tripes d'une efficacité souveraine contre des paralysies comme la sienne. 11 loua un logement rue des Saints-Pères, à cent pas de l'hôpital ', et il s'y fit porter, déjà tout gaillard de la guérison espérée, et rimant sur le chemin, qui était long, ses Adieux à ses amis de la place Royale et du Marais^, l'une de ses pièces les plus amusantes, qu'il compléta : par une autre, le Chemin du Marais au faubourg Saint-Germain, et enfin par une description de la célèbre Foire, dont son émigration le faisait le voisin.

Le remède assez dégoûtant de l'empirique de la Charité fut, on s'en doute bien, d'un effet absolument nul contre son mal. Scarron, désenchanté, quitta la rue des Saints-Pères, mais ne retourna pas encore au Marais. Il s'en alla rue d'Enfer, assez près du Luxembourg, dans un grand hôtel, V Hôtel de Troyes, où il était de bon ton d'aller loger. La comtesse de Maur y prit un appartement pendant quelque temps ^, et nous allons y voir tout à l'heure la marquise de Neuillan et son frère M. Tiraqueau.

Scarron s'y était fait une installation de grand seigneur, quoiqu'il ne le fût guère que par « son marquisat de Quinet, » c'est-à-dire, on l'a vu, par le produit de ses livres. Mais on était alors en pleine Fronde : les ennemis de Mazarin, contre lequel il avait lui-même la vieille rancune que vous savez, se donnaient volontiers rendez-vous chez lui^; son vieil ami, le cardinal de Retz, en sortant de chez Gaston d'Orléans, au Luxembourg, aimait à y venir 7, et à se reposer sur son a petit lit jaune ^, j»

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