‹ Théatre completChapitre 206 sur 407 · BÉATRIX, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

BÉATRIX, HÉLÈNE

D. PEDRO

Je ne me trompe point, quand je me persuade Que Texempt est un fourbe, et don Félix aussi, Puisque tous ses desseins ont fort mal réussi. Dieu permet quelquefois que le méchant prospère, Mais augmente toujours la peine qu'il diffère. Ohl oh! que faites-vous ici dans ma maison? Y venez- vous brasser nouvelle trahison?

D. DIÉGUE.

Je vous dirai, monsieur, le sujet qui m'amène; Sachant que don Félix se trouvait bien en peine, Je reviens pour servir mon ami, si je puft. Et pour me faire voir à tous tel que je suis. Oui, si vous m'écoutez comme ju^e équitable, Vous ne me croirez plus de trahison capable; Mais un pauvre amoureux qui n'a rien tant à cœur. Que se voir votre gendre et votre serviteur.

D. PEDRO

Mon gendre! et que dirait madame Dorothée?

Sitôt qu'on vous aura la chose bien contée. Et que vous verrez clair dans mon intention, Le pouvoir qu'a sur nous notre inclination. Assurément, monsieur, sera toute ma faute. Mais avant, dites-moi nouvelle de mon hôte, J'en suis inquiété; car on m'a dit, monsieur. Qu'il était accusé d'être faux-monnayeur. Et devant qu'il ait pu se sauver par la fuite. Qu'un exempt est venu sans archers ni sans suite, L'arrêter.

D. PEDRO

En cela je vois je ne sais quoi Qui sent beaucoup la fourbe, et peu l'ordre du roi. Quand il est question de faire la capture D'un homme atteint d'un cas de pareille nature, Les exempts ne vont point, s'ils ne sont bien suivis; Et ce qui me confirme encore en mon avis. C'est que ce maître exempt fait l'amour à ma fille, Et s'appelle... attendez, don Gaspard de Padille;

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