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ACTE V, SCENE VII

Don Félix Ta poussé d*abord en chamaiilant :

L'autre parant toujours, et toujours se paillant,

Comme n'ayant pas peur d'un si faible adversaire;

Don Félix jure, pousse, et ne lui peut rien faire,

Redouble ses efforts, dont l'autre, enfin pressé,

Attaque vivement son ennemi lassé,

Le blesse dans un bras, lui fait tomber l'épée,

Et lui met à ses pieds une oreille coupée.

Don Félix tout sanglant tombe sur le pavé;

Don Gaspard à l'instant s'est vilement sauvé.

Mais ce n'est pas encor sa dernière infortune,

Le ciel, sur le méchant, n'en verse pas pour une :

Un archer du prévôt, le regardant de près,

(En vertu d'un décret qu'il m'a fait voir après)

Le saisit au collet; c'était sa Dorothée,

Qu'il croyait par argent avoir bien contentée.

Et qu'un oncle qu'elle a, jaloux de son honneur,

Avait fait révolter contre ce suborneur.

Tout ceci s'est passé comme un grand feu de paille;

Un moment a vu naître et finir la bataille;

Don Félix est tombé dans tous ces accidents.

En un demi-quart d'heure, et même en moins de temps.

Il est donc en prison?

D. PEDRO

Et de si bonne sorte.

Qu'il faudra qu'il l'épouse auparavant qu'il sorte : Elle a bonne promesse, outre deux beaux enfants, Dont le plus vieux, dit-on, n'a pas plus de deux ans.

D. Gaspard parait.

Mais c'est là notre exempt, ou bien je n'y vois goutte : Puisqu'il vous rit au nez, je ne suis plus en doute, Qu'en ce que don Félix a souffert aujourd'hui. Vous n'ayez pour le moins autant de part que lui.

n. DIÉGUE.

Monsieur, il n'est plus temps de vous cacher la chose : Du mal qu'a don Félix, vous seul êtes la cause.

D. PEDRO

Moi, la cause?

Oui, vous, mais fort innocemment, Au lieu que don Félix souffre bien justement. Car enfin don Félix est fourbe très insigne, Et de votre alliance un homme très Indigne.

Quand vous serez instruit de ses déportements,

Vous me direz alors s'il est vrai que je mens,

Et me confesserez, qu'épousant votre fille,

Il était pour troubler toute votre famille ;

Et c'est ce qui m'a fait, je le confesse bien.

Rompre son mariage, et reculer le mien.

Et le petit Janot, et cette Dorothée,

Est une histoire feinte à dessein inventée;

Et Tune et l'autre lettre est une invention

Qui doit vous faire voir ma bonne intention,

Bien mieux que les desseins intéressés d'un traître.

Comme on a cru les miens, avant de les connaître.

Recevez donc, monsieur, pour le gendre perdu, ,

Mon cousin don Gaspard qui s'est ici rendu,

Afin de vous offrir son humble obéissance.

Et recevoir l'honneur d'être en votre alliance.

Par la poste il a su ce matin seulement,

Que le marquis son frère est dans le monument ;

Aîné de sa maison, ïi, a droit de prétendre

Aux plus riches partis.

D. PEDRO

Refuser un tel gendre, Et l'accepter aussi sans y bien regarder. C'est achever bientôt, mais c'est bien hasarder.

D. DIÊGUE.

On peut gagner Madrid à petites journées,

Où l'on peut aisément finir nos hyménées.

Chez le marquis mon père, encor mieux que chez vous,

Puisque là vous pourrez vous informer de nous.

D. PEDRO

Ce n*est pas mal parlé.

D. GASPARD

Le bonheur où j'aspire (Que je préférerais à l'honneur d'un empire) Est un bien d'un tel prix, qu'on ne le doit donner A ceux qu'on n'a pas eu le temps d'examiner.

D. PEDRO

Il ne reste donc plus qu'à guérir ma Lucie. Vraiment, son accident tout de bon me soucie.

D. GASPARD

Qu'a-t-elledonc?

D. PEDRO

Elle est sourde depuis hier, Si fort, qu'en lui parlant il faut toujours crier.

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