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VIE DE SCARRON. XXI

avait été le prétexte, ne se ût pas. L'abbé de Marivau «'étant noyé, au Cours-Ia-Reine en voulant passer dans le bateau qui devait le conduire au Havre, l'affaire tourna mal, et Scarron s'en retira.

D'autres intérêts, d'ailleurs, avaient surgi, qui le retenaient en France. Si le voyage outre -mer avait été le but avoué de son mariage, certain tour d'assez bonne guerre qu'il espérait par là jouer à ses parents en avait été le but caché : « 11 croyolt en se "mariant, dit Tallemant des Réaux>, faire révoquer la donation qu'il avait faite de son bien. » Comment? en vertu sans doute d'une clause d'autant plus aisément consentie que Tétatdu pauvre homme semblait la rendre dérisoire, mais qui, par le fait si peu attendu de son union avec Francine, se trouva très sérieuse. Ce qui est certain, c'est que « le tout ou partie du bien, » comme dit encore Tallemant', -fut restitué, entre autres une assez grasse métairie près d'Âmboise que peu de mois après son mariage Scarron alla visiter avec Francine'.

Les parents, surtout le beau-frère Robin de Sigoigne, mari de Madeleine Scarron, l'atnée des deux soeurs du second lit, y tenaient fort. Ils offrirent pour la ravoir trois mille écus. Scarron, qui l'estimait quatre mille, en parla à son ami le très honnête avocat, M. Nublé, qui fit le voyage pourvoir s'il ne pourrait pas s'en accommoder. Au pays, on lui dit que ce n'était pas quatre, mais cinq mille écus que ce bien valait, il les donna, ce qui fut une grande joie pour Scarron, et un vif dépit pour les beauxfrères. En fin de compte, ils furent amenés ainsi à payer le prix réeH. En verlu de ce qu'on appelait « le retrait lignager, » qui permettait toujours aux membres d'une famille de racheter un bien que cette famille avait possédé, Robin de Sigoigne remboursa M. Nublé de ses cinq mille écus et la métairie lui revint b. Elle s'appelait métairie des Fougerets, et se trouvait près d'Amboise, comme on l'a vu, dans la paroisse de Limeray, à la Varenne. Nous avons appris ce détail par une note d'une Clé ma* nuscrite des Caractères, qui existe à l'Arsenal, et dans laquelle il est parlé du douaire constitué par Scarron à sa femme, et dont ce bien était resté l'hypothèque, douaire bien misérable, car après avoir été d'abord de trois cents livres, il n'était plus à la mort du poète que de cent cinquante, « faute de fonds'. »

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