ACTE IV, SCÈNE II. î
Le corps humain où la prudence Etrhonneur font leur résidence, Je m'afflige jusqu'au mourir.
Quoi ! cinq doigts mis sur une face Doivent-ils être un affront tel, Qu'il faille pour cela qu'on fasse Appeler un homme en duel?
Soyez nettes, mes dents, etc.
Un barbier y met bien la main.
Qui bien souvent n'est qu'un vilain.
Et dans son métier un grand ase ; Alors que tel barbier vous rase, U vous gâte un visage humain ; Pourquoi ne t'en veux-tu pas battre, Toi qu'un soufflet choque si fort.
Que tu t'en fais tenir à quatre?
Un souffleté vaut bien un mort.
Soyez nettes, mes dents, etc.
Pour moi, j'estime moins qu'un chien.
Celui qui n'aime ici-bas rien, Que botte en tierce, ou bien en quarte. Ou cheval qui de la main parte, Ou pistolet qui tire bien.
Faut-il qu'en duels on abonde Pour quelque injure que ce soit.
Si coups de bâton sont au monde.
Qui font mal quand on les reçoit?
Soyez nettes, mes dents, etc.
Messieurs les lions rugissants,
Qui tous allez éclaircissants,
Au gré de votre jeune bile.
Sachez qu'aux champs comme à la ville,
Un soufflet vaut mieux que cinq cens,
Puisque soufflets les déshonorent.
Ou les hommes sont insensés.
Ou messieurs les vivants ignorent
Quels sont messieurs les trépassés.
Soyez nettes, mes dents, l'honneur vous le commande, Perdre les dents est tout le mal que j'appréhendç.