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ACTE III, SCÂNE IV

D. ÀLVÀRE.

Il n'a fait que passer.

I>. JAPHET

Qu'il ne passe donc plus, ou bien c'est m'offenser. Pour un si grand seigneur, vous avez, ce me semble, Autant de francs gredins qu'on puisse voir ensemble : Ils ont la mine tous d'être de grands vauriens, Et je ne voudrais pas les changer pour les miens.

LE COMMANDEUR

C'est par trop de chaleur, qu'ils ont pu vous déplaire.

D. JAPHET

Ou sottise, ou chaleur, ils auraient pu mieux faire ; Mais pour vous obliger, j'oublierai le passé. Je SUIS venu vous voir, de mon amour pressé. Engendré dans mon cœur par votre Léonore : Que me répondez-vous?.

LE COMMANDEUR

Que votre amour l'honore.

D. JAPHET

Oui, mais j'en mourrai, moi, si vous ne vous hâtez, Car je suis fort pressé de mes nécessités : Nous autres, esprits chauds, nous pressons les affaires, Il faut donc donner ordre aux choses nécessaires.

LE COMMANDEUR

Ne précipitons rien.

D. JAPHET

Je meurs, d'homme d'honneur.

LE COMMANDEUR

Je viens de recevoir ordre de l'empereur De vous bien régaler ; de plus, il amplifie D'un brevet de marquis don Japhet d'Arménie.

D. JAPHET

L'empereur, mon cousin, me donne un marquisat? Bon parent! par mon chef, le présent n'est pas fat : Un marquisat pourtant est chose fort commune, La multiplicité des marquis importune; Depuis que dans l'état on s'est emmarquisé, On trouve à chaque pas un marquis supposé.

D. ALVARE

Celui que l'on vous donne est nommé Rochesolles.

D. JAPHET

Le nom ne m'en plaît pas beaucoup.

FOUCARAL.

Entre les Pôles H n'en est pas un tel, son nom vient d'un rocher, .

350 DON JÂPHBT D'ARMENIE.

D'où Ton voit chaque jour mille soles pêcher, Dont la dîme est à vous.

D. JAPHET

Est-ce un port ?

FOUCARAL.

Magnifique.

D. JAPHET

Le château du marquis est-il beau ?

FOUCARAL.

Tout de brique.

Il durera longtemps : les habitants du lieu, Morisques ou Chrétiens ?

FOUCARAL.

Grands serviteurs de Dieu.

D. JAPHET

Les dames?

FOUCARAL.

Elles sont et courtoises et belles.

D. JAPHET

Douces?

FOUCARAL.

Comme du lait.

D. JAPHET

Je les aime bien telles.

Et de couvents, combien ?

FOUCARAL.

.Neuf.

D. JAPHET

De paroisses?

FOUCARAL.

Huit.

D. JAPHET

Y prehd-on des manteaux ?

FOUCARAL.

Pai>ci, par-là, la nuit.

D. JAPHET

Tant pis. Y souffre-t-on quelques filles de joie ?

FOUCARAL.

Selon.

D. JAPHET

Et le seigneur fait-il battre mionnoie ?

FOUCARAL.

Tant qu'il veut.

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