‹ Théatre completChapitre 293 sur 407 · DON ALPHONSE, MARC-ANTOINE · texte numérisé non relu

DON ALPHONSE, MARC-ANTOINE

D. ALPHONSE

Que cette nuit est propre à me bien affliger 1

HARG-ANTOINE.

Je ne vois pas encor votre amour en danger.

D. ALPHONSE

Il n'y fut donc jamais.

MARC-ANTOINE

Votre mère, peut-être.

D. ALPHONSE

Ma mère avec son fils a toujours fait te maître : Mais est-elle arrivée ?

MARC-ANTOINE

Et votre sœur aussi.

D. ALPHONSE

Hélas 1 que mon beau temps s'est bientdt ol^scurci 1

Es-ta bien assuré que c'est elle ?

HARC-ANTOINB.

Elle-même.

D. ALPHONSE

Et que ferai-je donc en ce malheur extrême ?

MABG-ANTOINB.

Vous pourrez espérer.

D. ALPHONSB.

' Je suis désespéré, Et la terre et les cieux ont mon trépas juré.

MAKC- ANTOINE.

Pour moi, j'éprouverais la bonté de ma mère.

D. ALPHONSE

N'ayant pas épousé la fille de son frère,

Elle, m'ayant prié de le faire instamment,

Et moi l'ayant promis si solennellement.

Si tôt qu'elle verra que j'ai fait le contraire.

Que pourrai-je lui dire, et qu'aura-t-elle à faire ?

Me voudra-t-elle ouïr? tu connais son humeur.

Et de son esprit fier la sévère rigueur ;

Je n'y vois nul remède, il faut que je m'absente ;

Car irais-je ajouter au mai qui la tourmente,

La rage de me voir en ces lieux déguisé.

Au lieu d'être à Séville à sa nièce épousé?

Mais quitterais- je aussi la belle Léonore,

Un ange à qui je plais, un ange que j'adore.

Qui m'a donné son cœur en échange du mien!

Hélas! j'ai tout à craindre et je n'espère rien.

MARC-ANTOINE

Pour moi, je lui dirais ingénument la chose.

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