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MUSICIENS

FOUCARAL.

Cette nuit est noire comme un diable.

D. JAPHET

Elle est à mon dessein d'autant plus favorable.

FOUCARAL.

Et pour moi, j'en ferai d'autant plus de faux pas.

D. JAPHET

Pour te dire le vrai, la nuit ne me plaît pas : Mais en cas d'employer une échelle de soie. On peut bien hasarder quelque chose.

FOUCARAL.

Avec joie Je pourrais hasarder quelques coups de bâton, S'il était question de tâter un téton.

J'en tâterai tantôt deux, des plus beaux du monde, Durs, distants l'un de l'autre, et de figure ronde.

FOUCARAL.

Peste! quoi! deux tétons, j'en aurais assez d*un.

D. JAPHET

Si le ciel m'avait fait d'un mérite commun, Léonore aurait pu résister à mes charmes : Mais je n'ai qu'à paraître, il faut rendre les armes. Ce fat Zurducaci lui faisait les doux yeux.

FOUCARAL.

C'est un fat voirement, et Pascal en est deux.

MARC-ANTOINE

Je m'en vais te payer bientôt de ta louange.

D. JAPHET

Que j'aurai de plaisir avecque ce bel ange! Je puis très justement dire avec feu César, Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.

FOUCARAL.

Par hasard,

jLCTS IV, SCBNE III. 857

Si ce vieux commandeur tous donnait de Tépée ?

D. JAPHET

Alors, je ne suis plus César, je suis Pompée.

TOUOARAL.

Que YouIez*YOus donc faire avec ces chantres-ci ?

J'en veut dulciûer mon amoureux souci.

FOUCABAL.

Et si le commandeur entend votre musique?

D. JAPHET

Foucaral, ta raison est assez énergique : Mais aussi j'irai perdre un ducat avancé I

FOUCARAL.

Préférez-vous l'argent à quelque bras cassé ?

D. JAPHET

Nous sommes loin encor d'où repose ma joie ; Pour gagner mon argent : avant qu'on les renvoie, Ils chanteront les vers que je fis l'autre jour Sur le feu violent de mon brûlant amour ; Quanta moi, de tout temps j'aime la symphonie,

Aux musiciens.

Et tiens que des bons vers les beaux airs sont la vie : Chantez, musiciens; mais non, ne chantez pas, Foucaral a raison, retournez sur vos pas ; Ma musique pourrait être ici scandaleuse : Ecoute les doux fruits de ma verve amoureuse.

Amour nabot

Qui du jabot

De don Japhet A fait Une ardente fournaise ;

Hélas ! hélas 1

Je suis bien las D^être rempli de braise.

Ton feu grégeois

M*a fait pantois,

Et dans mon pis A mis Une essence de braise.

Bon Dieu ! bon Dieu !

Le cœur en feu, Peut-on être à son aise.

Qu'en dis-tu, Foucaral? n'ai-je pas bien rimé?

858 DON JAPHBT D'ARMÉNIE.

FOUGARAL.

Ces mots : sabot, jabot et pantois m*ont charmé.

D. JAPHBT.

Je pourrais bien demain après la jouissance, Ainsi que de raison, produire quelque stance.

Alphonse et Mai«-Antoine frappent chacon le sien.

Âh I chien de Foucaral, pourquoi me frappes-tu?

FOUCARAL.

Qui, moi! je viens aussi, ma Toi, d'être battu.

D. JAPHET

On redouble sur moi.

Japhet et Foucaral ne branlent point.

FOUCARAL.

On m'eii a fait de même. Le bourreau qui me frappe est d'une force extrême,

D. JAPHBT.

Et celui qui me frappe est un hardi frappeur.

FOUCARAL.

Monsieur, si vous vouliez je crîrais au voleur.

D. JAPHBT.

Ne gâtons rien.

FOUCARAL.

Morbleu I cependant Ton me gâte.

D. JAPHET

Le lutin qui me bat n'a pas beaucoup de hâte, Il frappe posément.

FOUCARAL.

Oui bien, ce dites-vous.

On m'a déjà donné plus de deux mille coups.

D. JAPHET

Ouf, messieurs les frappeurs, je défends le visage.

FOUCARAL.

Ma foi, je vais crier.

D. JAPHET

« Foucaral, soyez sage.

» FOUCARAL.

Je ne le suis que trop, pour le bien démon dos.

Pour sauver le visage aux dépens de nos os, Mettons-nous ventre à ventre, et face contre face.

FOUCARAL.

Où diable vous trouver?

D. JAPHET. (TU sont joints.

Maintenant que l'on fasse Tout ce que l'on voudra.

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