‹ Théatre completChapitre 5 sur 407 · Œuvres, t. I, p · texte numérisé non relu

Œuvres, t. I, p

2. V. Mémoires et Anecdotes, ou Segraisiana dans ses Œuvres, 1755, i II 12, t. II, p. 103-105.

VIB DE SCAURON. y

vie de frivolité et de dissipation : l'un, parce qu*elle faisait scandale; l'autre, parce que beaucoup trop d'argent s'y dépensait en folies. Bon gré mal gré, ils voulurent en finir. En 1G33, lors qu'il avait vingt-trois ans, le petit Scarron dut prendre la soutane, et n'être plus que l'abbé Scarron ; ensuite on l'expédia au Mans, pour être de la maison de l'évéque monseigneur Charles de Beaumanoir, de qui l'on avait la promesse formelle d'un canonicat, à la première vacance.

Comme porter soutane n'était qu'un premier degré dans les ordres, iin simple lien, dont on pouvait toujours s'affranchir, un abbé, tel que Scarron, ne s'en faisait pas une gône. 11 y fut aussi leste que sous l'habit. cavalier. Les premiers hivers (ju'il passa au Mans furent tout de plaisirs : aubades, ballets, festins, 011, comme lui-même Ta dit, il buvait « h l'allemande ^ »

On n'y parlait déjà que de lui, pour sa belle humeur, ses amourettes, et ses poulets galante dont tâla des premières mademoiselle Coquille; pour ses escapades nocturnes avec Rosseleau, qui resta son ami^; pourscsbeaux a compérages » avec les demoiselles des meilleures maisons, et ses hantises familières chez les Tessé, les Haulefort, les Lavardin, où son esprit et ses jolis vers payaient son éeotS; lorsque tout à coup, au printemps de 1G35, monseigneur de Beaumanoir, ayant un voyage à faire h (lome, le mit de la partie, et l'emmena.

A peine y élail-il que Maynard, un de nos poètes alors les plus en renom, y arriva. Ils s'y lièrent d'une intimité que Scarron devait plus tard un peu trop oublier, ce que Maynard, qui s'en souvenait mieux, lui reprocha dans «ne de ses lettres : « Notre amitié contractée dans Rome, lui dit-il, vous donnet-elle de la peine * ? »

Scarron y fit aussi la connaissance do Poussin, et la cultiva avec moins d'indifférence. Pris d'un goût très vif pour le dessin et la peinture, s'y étant même un peu exercé, comme le prouvaient deux cartes d'un travail très fin et de la plus délicate enluminure qui se voyaient encore, il y a cinquante ans, dans une maison de Fontenay-aux-Roses, qu'il avait habitée*, il n'eut répit ni cesse qu'il n'eût obtenu un tableau du grand peintre.

Publiait-il un livre soit Typhon, soit le IJorna» comique^ soit le

Virgile travesti, aussitôt Poussin, qui pourtant ne s'en souciait

guère , la sévérité de son esprit et son respect de l'antiquité

le faisant répugner à ces sortes d'ouvxages, surtout au der-

1. Œuvres, t. I, p. 202. V. aussi le Ballet des iîoma/is, s.l.n.d. ia-40;p. 4ï.

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