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VIE DE SCARKON. IX

avec Richelieu. En organisant contre lui dans le Parlement je ne sais quelle cabale de conseillers, à propos des enquêtes, il n'avait abouti qu'à perdre sa charge ^ et à se faire exiler en Touraine dans un petit bien qu'il possédait près de Loches.

Scarron, par bonheur, grâce aux nouveaux amis qu'il 8'était fait à Bourbon put, sitôt à Paris, faire parler au ministre, a le grand porte-écarlate, h comme il t'appelle, et obtenir qu'il lirait une longue requête en vers dans laquelle, après l'avoir supplié de rappeler son père, il lui demandait, « mais ceci, dit-il, seulement en passant, » un petit bénéfice pour lui-même. Richelieu lut en effet la requête, et s'en montra content '. C'était une espérance. Le mois suivant, avant qu'dle se fut réalisée par quelque grâce, le ministre était mort'. Le pauvret n'en fut pas surpris, persuadé qu*it était qu'il portait malheur à quiconque lui voulait du bien, comme il l'écrivait un jour à Villarceaux, qui lui offrait ses services : «c Vous ne savez ce que vous faites, lui dit-il^... Il en a autrefois coûté la vie à feuArmentière et au pauvre d'Hautcour, sans vous parler de beaucoup d'autres... que la mort n'a pris de trop «bonne heure qu'à cause qu'ils s'étoient trop hâtés de m'aimer. Vous faut-il encore d'autres exemples pour vous faire voir que mon malheur est contagieux ? en voici : Le cardinal de Richelieu est mort un mois après que j'en ai été connu, et que je fus assez heureux pour lui plaire. Le prince d'Orange n'eut pas plutôt envie de me régaler, qu'il en eut la petite vérole, dont il est mort. Le président de Mesme ne la fit pas longue, depuis qu'il m'eut visité, etc. »

La mort du Cardinal, que le pauvre Scarron attribue, moitié riant, moitié se désolant, à la fatalité, à \sijettaiura, pourrait-on dire, de ses propres malheurs, fut des plus funestes pour l'Apôtre. 11 ne fut plus question de son rappel à Paris, Scarron n'étant pas encore assez avant dans les bonnes grâces du nouveau ministre pour se risquer â le lui demander.

L'ex-conseiller proscrit dut rester à Loches, oh peu de temps après, le chagrin de cet exil liâta sa fin.

Il laissa du bien, nous l'avons déjà dit en commençant, mais fort embarrassé, et que les rapacités de sa veuve, qui voulut tout en prendre, pour elle et les siens, au détriment des enfants du premier mariage, n'aidèrent pas, il s'en faut, à dégager. 11 y eut procès, et des plus longs, quoique Scarron pour en finir eut d'abord, moyennant une rente, consenti à faire de ce qui pouvait lui revenir une donation entre vils. Il s'en repentit bien fort plus tard.

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