‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 100 sur 454 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ATRÉE, EURISTHÈNE.

ATRIÎE.

Enfin ce jour heureux, ce jour tant souhaité, Ranime dans mon cœur l'espoir et la fierté; Athènes, trop longtemps l'asile de Thyeste, Éprouvera bientôt le sort, le plus funeste ; Mon fils, prêt à servir un si juste transport, Va porter dans ses murs et la tlamme et la mort.

EURISTUÈNE.

Ainsi, loin d'épargner l'infortuné Thyeste, Vous détruisez encor l'asile qui lui reste ! Ah ! seigneur, si le san^ qui vous unit tous d(Mix N'est plus qu'un titre vam pour ce roi malheureux. Songez que rien ne peut mieux remplir votre envie Que le barbare soin de prolonger sa vie. Accablé des malheurs qu'il éprouve aujourd'hui, Le laisser vivre encor, c'est se venger de lui.

ATRÉE

Que je l'épargne, moi! lassé de le poursuivre, Pour me venger de lui que je le laisse vivre ! Ah! quels que soient les maux que Thyeste ait souf- II n'aura contre moi d'asile quaux enfers : [ferts, Mon implacable cœur l'y poursuivrait encore. S'il pouvait s'y venger d'un traître que j'abhorie. Après l'indigne all'ront que m'a fait son amour, Je serai sans honneur tant qu'il verra le jour. Un ennemi qui peut pardonner une offense. Ou manque de courage, ou manque de puissance. Rien ne peut arrêter mes transports furieux ; Je voudrais me venger, fût-ce môme des dieux. Du plus puissant de tous j'ai reçu la naissance; Je le sens au plaisir que me fait la vengeance. Enfin mon cœur se plaît dans celte inimitié ; Et s'il a des vertus, ce n'est pas la pitié. Ne m'oppose donc plus un sang que je déteste; Ma raison m'abandonne au seul nom de Thyeste. Instruit par ses fureurs à ne rien ménager,

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