‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 115 sur 454 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Si j'ai pu quelque temps te déguiser mon nom, Le soin de me venger en fut seul la raison : Ne crois pas que la peur des fers ou du supplice Ait à mon cœur tremblant dicté cet artifice. iErope par ta main a vu trancher ses jours ; La même main des miens doit terminer le cours : Je n'en puis regretter la triste destinée. Précipite, inhumain, leur course infortunée, Et sois siir que contre eux l'attentat le plus noir N'égale point pour moi l'horreur de te revoir.

ATRÉE

Vil rebut des mortels, il te sied bien encore De braver dans les fei's un frère qui t'abhorre ! Holà! gardes, à moi !

THÉODAMIE, à Atrée.

Que faites-vous, Seigneur?

Dieux ! sur qui va tomber votre injuste rigueur I Ne suivrez-vous jamais qu'une aveugle colère? Ah 1 dans un malheureux reconnaissez un frère : Que sur ses noirs projets votre cœur combattu Ecoute la nature, ou plutôt la vertu.

Immolez donc, seigneur, et le père et la flUe; Baignez-vous dans le sang d'une triste famille. Thyeste, par vous seul accablé de malheurs. Peut-il être un objet digne de vos fureurs ?

ATRÉE

Vous prétendez en vain que mon cœur s'attendrisse. Qu'on lui donne la mort. Gardes, qu'on m'obéisse; De son sang odieux qu'on épuise son flanc...

(Bas, à part.) [sang.

Mais non : une autre main doit verser tout son Oubliais-je?... Arrêtez. Qu'on me cherche Plisthéne.

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