‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 116 sur 454 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ATRÉE, THYESTE, PLISTHÉNE, THÉODAMIE, EURISTHÈNE, THESSANDRE, LÉONIDE, gar-

PLISTHÈNE, à Atrée.

Ciel îqu'est-cequej'entends? quelle fureursoudaine De votre voix, seigneur, a rempli tous ces lieux? Qui peut causer ici ces transports furieux?

THÉODAMIE, à Plislhène.

Ces transports où l'emporte une injuste colère

i\e menacent, seif^neur, que mon malheureux père. Sauvez-le, s'il se peut, des plus funestes coups.

PLISTHÈNE.

Votre père, madame! 0 ciel! que dites-vous?

(a part.)

A l'immoler, seigneur, quel motif vous engage? De quoi l'accuse-t-on? quel crime, quel outrage De rhospitalilé vous fait trahir les droits? Aurait-il à son tour violé ceux des rois? Etranger dans ces lieux, que vous a-t-il fait craindre A le priver du jour qui puisse vous contraindre?

ATRÉK.

Étranger dans ces lieux? Que lu le connais mal ! De tous mes ennemis tu vois le plus fatal. C'est de tous les humains le seul ipieje déteste, Un perfide, un ingrat ; en un mot c'est Thyesle.

PLISTHÈNE. [giieur ?

Qu'ai-je entendu, grands dieux! lui Thyeste, sei- V^h bien ! en doit-il moins iléchir votre rigueur? Calmez, seigneur, calmez cette fureur extrême.

ATRÉE

Quevois-je! quoi ! mon fils armé contre moi-même! Quoi ! celui qui devrait m'en venger aujourd'hui Ose, à mes yeux encor, s'intéresser pour lui ! Lâche, c'est donc ainsi qu'à ton devoir fidèle Tu disposes ton bras à servir ma querelle?

PLISTHÈNE.

Plutôt mourir cent fois ; je n'ai point à choisir : Dans mon sang, s'il le faut, baignez-A^us à loisir. Seigneur, par ces genoux que votre fils embrasse, Accordez à mes vœux cette dernière grâce. Après l'avoir sauvé des ondes en courroux, M'en coûtera-t-il plus de le sauver de vous ? A mes justes désirs que vos transports se rendent. Voyez quel est le sang que mes pleurs vous deman- Cestle vôtre, seigneur, non un sang étranger, [dent : C'est en lui pardonnant qu'il faut vous en venger.

ATRÉE

Le perfide! si près d'éprouver ma vengeance, Daigne-t-il seulement implorer ma clémence?

TDYESTK.

Que pourrait me seivir d'implorer ton secours, Si ton cœur qui me hait veut me haïr toujours? Eh ! que n'ai-je point fait pour fléchir ta colère ? Qui de nous deux, cruel ! poursuit ici son frère?

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