‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 117 sur 454 · ACTE II, SCÈNE IV. C · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. C

Depuis viiigl ans entiers que n'ai-je point tenté Pour calmer les transports de ton cœur irrité? Surmonte, comme moi, Ja vengeance et la haine ; Règle tes soins jaloux sur les soins de Plisthène ; Kt tu verras bientôt, si j'en donne ma foi, Que tu n'as point d'ami dus fidèle que moi.

ATUÉE.

Quels seront tes garants, lorsque le nom de frère N"a pu garder ton cœur d'un amour téméraire? Quand je t'ai vu souiller par tes coupables feux Les autels où l'hymen allait combler mes vœux, Que peux-tu m'opposer qui parle en ta défense? Les droits de la nature, ou bien de l'innocence ?

THYESTE

Ne me reproche plus mon crime ni mes feux ; Tu m'as vendu bien cher cet amour malheureux. Poui' l'attendrir enfin, auteur de ma misère, Considère un moment ton déplorable frère. Que peux-tu souhaiter qui te parle pour moi? Regarde en quel état je parais devant toi.

PLISTHÈNE.

Ah ! rendez-vous, seigneur ; je vois que la nature Dans votre cœur sensible excite un doux murmure: Ne le combattez point par des soins odieux ; Elle n'inspire rien qui ne vienne des dieux. C'est votre frère entin ; que lien ne vous arrête: De sa fidélité je réponds sur ma tête.

ATRÉE

Plisthène, c'en est fait, je me rends à ta voix; Je me sens attendri pour la première fois. Je veux bien oublier une sanglante injure. Thyeste, sur ma foi que ton cœur se rassure : De mon inimitié ne crains point les retours; Ce jour même en verra finir le triste cours J'en jure par les dieux, jen jure par Plisthène; C'est le sceau d'une paix qui doit finir ma haine. Ses soins et ma pitié te répondront de moi, Kt mon fils à son tour me ré[)ondra de toi : Je n'en demande point de garant plus sincère. Prince, c'est donc sur vous que s'en repose un père. Allez, et que ma cour, témoin de mon courroux. Soit témoin aujourd'hui dun entretien plus loux.

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