‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 131 sur 454 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ATRÉE, THYESTE, PLISTHÈNE, THÉODAMŒ, EURISTHÈNE, THESSANDRE, LÉONIDE,

GARDES

ATRÉE

D'oii vient, à mon abord, le trouble où je vous voi? Ne craignez rien, les dieux ont fléchi votre roi : Ce n'est plus ce cruel guidé par sa vengeance, Et le ciel dans son cœur a pris votre défense.

(a Thyeste.)

Ne crains rien pour desjours par ma rage proscrits. Gardes, éloignez-vous. Rassure tes esprits : D'une indigne frayeur je vois ton âme atteinte; Thyeste, chasses-en les soupçons et la crainte; Ne redoute plus rien de mon inimitié:

Toute ma haine cède à ma juste pitié.

Ne crains plus une main à te perdre animée : Tes malheurs sont si grands qu'elle en est désarmée ; Et les dieux, effrayés des forfaits dos humains, Jamais plus à propos n'ont trahi leurs desseins. Quelle était ma fureur! et que vais-je t'apprend tel Ton cœur déjà tremblant va frémir de l'entendre. Je le répète encor, tes malheurs sont si grands Qu'à peine je les crois, moi qui te les apprends.

fil lui montre un billet d'jCrope.)

Ce billet seul contient un secret si funeste... Mais, avant de l'ouvrir, écoute tout le reste. Tu n'as pas oublié les sujets odieux D'un courroux excité par tes indignes feux : Souviens-t'en, c'est à toi d'en garder la mémoire: Pour moi, je les oublie ; ils blessent trop ma gloire. Cependant contre toi que n'ai-je point tenté !

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