‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 15 sur 454 · SUR SA VIE ET SES OUVRAGES. XXVII · texte numérisé non relu

SUR SA VIE ET SES OUVRAGES. XXVII

jamais été tolérée en France. » Le Conseil d'Etat rendit le 21 mars 1749, à Versailles, en présence du Roi, un arrêt conforme a la requête de Crébillon.

Catilina parut peu après, précédé d'une dédicace à madame de Pompadour, dont le commencement parut assez obscur pour qu'on y appliquât ce vers de la pièce:

Il sera toujours grand s'il est impénétrable.

Voltaire, qui ne décolérait pas, exigea que les Comédiens reprissent Sémiramis (10 mars); tentative inutile, qui échoua sur la, sixième représentation. Ces mécomptes d'amour-propre enflammèrent le grand homme et lui inspirèreut l'idée la plus singulière du monde. On sait que Voltaire avait composé sa Sémiramis trente ans après celle de Crébillon, et, cette fois encore, comme dans la rivalité de Racine et du grand Corneille, la victoire, assez modeste dans le cas présent, était demeurée au plus jeune. 11 ne conçut rien de plus sûr, pour écraser ce Culilina qui Tobsédait, que de le refaire. « Lisez », écrit-il de Lunéville au comte d'Argeutal le 12 août 1749, « lisez seulement ce que je vous envoie; vous « allez être étonné, et je le suis moi-même. Le i u du présent mois, ne vous eu déplaise, le diable « s'empara de moi et me dit : Venge Cicéron et la « honte de ton pays. 11 m'éclaira, il me fit imaginer « l'épouse de Catilina, etc.. En huit jours, oui, eu « huit jours et non en neuf, Catilina a été fait... Vous « n'y verrez point de TuUic amoureuse, point de Ci- « céron proxénète; mais vous y verrez un tableau tera rible de Rome et j'en frémis encore... » Et à Voiseson (4 septembre) : « C'est une plaisanterie de la « nature qui a voulu que je fisse eu ime semaine ca 0 que Crébillon avait été trente ans à faire. »

Catilina achevé. Vol taire accourt à Paris, distribue les rôles aux Comédiens et convoque quelques-uns de ceux-ci, Dumesnil, Graudval, M"» Clairon, etc., ave» MM. de Choiseul, Pont-de-Veyle, l'abbé Chauvehn et plusieurs autres amis sûrs, chez M. d'Argental, pour la lecture. Voltaire tire son manuscrit, et, commençant par lire les personnages, nomme Oreste, Clytemnestre, Electre, etc. Tout le monde demeure surpris; et Voltaire dit alors à l'assemblée : « Vous vous atten-

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