‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 153 sur 454 · ACTE U, SCf:>'E I · texte numérisé non relu

ACTE U, SCf:>'E I

Ce grand roi, qui chérit Oresle avec transport, Depuis plus (le six mois incertain de son sort, Alarmé chaque jour et du sien et du vôtre. M'envoie ences climats vous chercher l'un cU'autre. Mais, puisque je vous vois, tous mes vceux sont com-

[hles.

Le fils d'Agamemnon... Seigneur, vous vous trou-

[blp/.:

Malgré tous les honncuis qu'ici l'on vous adresse. Vos yeux semblent voilés d'une sombre tristesse. De tout ce que je vois mon esprit éperdu...

Anlénor, c'est en fait! Tydéc a tout perdu.

Seigneur, éclaircissez ce terrible mystère.

ÏYDÉE.

Oresle est mort...

Grands dieux!

El je n'ai plus de père.

ANTKNOR.

Palamède n'est plus! Ah ! destin rigoureux ! El qui vous l'a ravi? Par quel malheur all'reux... TYDfcE. [dre:

Tu sais ce qu'en ces lieux nous venions entrepren- Tu sais que Palamède, avant que de s'y rendre, Ne voulut point tenler son relour dnns Argos Qu'il n'eût interrogé l'oiade de Délos.

A de si justes soins on soiisciivit sans peine : Nous partîmes, comblés des bienfaits de Tyrrhcne. Tout nous favorisait; nous voguâmes longtemps Au ijré (le nos désirs bien plus ([u'au gré des vents; Mais, signalant bient(H loule son inconstance, l.a mer en un iiu)Mient se mutine (,'t s'élance; l.'.iic mugit, le jour fuit, une épaisse vapeur Couvre d'un voile alireux les vagues en fiuf.îr; La foudre, éclairant seule une nuit si profonde, A sillons redoublés ouvre le ciel et l'onde. Lt, comnieun tourbillon embrassantnos vaisseaux. Semble en source de feu bouillonner sur les eaux. Les vagues, quelquefois nous portant sur leurs ( i- Nous font rouler après sous de vastes abîmes, l"ii'S, Où les éclairs pressi^s pénétrant avet; nous

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Dans des gouffres de feux semblaient nous plonj^er Le pilote effrayé, que la flamme environne, [tous. Aux rochers qu'il fuj'ait lui-même s'abandonne. A travers les écueils notre vaisseau poussé, Se brise, et nage enfin sur les eaux dispersé. Dieux! que ne fis-je point, dans ce moment funesie, Pour sauver Palamède, et pour sauver Oreste ! Vains efforts ! la lueur qui partait des éclairs Ne m'oUrit que des flots de nos débris couverts ; Tout périt.

Eh! comment, dans ce désordre extrême, Pùtes-vous au péril vous dérober vous-même?

TYDÉE

Tout offrait à mes yeux l'inévitable mort :

Mais j'y courais en vain ; la rigueur de mon sort

A de plus grands malheurs me réservait encore,

Et me jeta mourant vers les murs d'Epidaure.

Itys me secourut, et de mes tristes jours,

Malgré mon désespoir, il prolongea le cours.

Juge de ma douleur quand je sus que ma vie

Etait le prix des soins d'une main ennemie!

Des périls de la mer Tydée enfin remis,

Une nuit, allait fuir loin de ses ennemis.

Lorsque, la même nuit, d'un vainqueur en furie

Epidaure éprouva toute la barbarie.

Figure-toi les cris, le tumulte et l'horreur.

Dans ce trouble, soudain je m'arme avec fureur,

Incertain du parti que mon bras devait prendre,

S'il faut presser Egisthe, ou s'il faut le défendre.

L'ennemi cependant occupait les remparts,

Et sur nous à grands cris fondait de toutes pai ts.

Le sort moffrit alors l'aimable Iphianasse,

Et ma haine bientôt à d'autres soins fit place.

Ses pleurs, son désespoir, Itys prêt à périr,

Quels objets pour un cœur facile à s'attendrir !

Oreste ne vit plus; mais, pour la sœur d'Oresto,

Il faut de ses États conserver ce qui reste.

Me disais-je à moi-même, et, loin de l'accabler.

Secourir le tyran qu'on devait immoler :

Je chasserai plutôt Egisthe de Mycènes,

Que d'en chasser les rois de Corinthe et d'Athènes.

Par ce motif secret mon cœur déterminé.

Ou par des pleurs touchants bien plutôt entraîné,

Du soldat qui fuyait ranimant le courage,

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