‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 175 sur 454 · ELECTRE, ITYS · texte numérisé non relu

ELECTRE, ITYS

ITYS

Pénétré d'un malheur où mon cœur s'intéresse, M'est-il enfin permis de revoir ma princesse ? Si j'en crois les apprêts qui se font en ces lieux, Je puis donc sans l'aigrir m'offrira ses beaux yeux I Quelque prix qu'on prépare au feu qui me dévore, Malgré tout mon espoir, ([ue je le crains encore! Dieux, se peut-il qu'Electre, après tant de rigueurs. Daigne choisir ma main pour essuyer ses pleurs? Est-ce elle qui m'élève à ce comble de gloire? Mon bonheur est si grand, que je ne le puis croire. Ah madame! ùquidois-jeun bien si doux pour moi? (Amour, fais, s'il se peut, qui! ne soit dû qu'à toi !) Eleclre, s'il est vrai que tant d"ardeur vous touche. Confirmez notre hymen d'un mot de votre bouche ; Laissez-moi, dans ces yeux de mon bonheur jal mx, Lir3 au moins un aveu qui me fait votre époux. Quoi! vous les détournez ! Dieux ! quel affreux si- Ma princesse, parlez : vous fait-on violence? [lence ! De tout ce que je vois que je me sens troubler ! Ah! ne me cachez point vos pleurs prèls à couler. Confiez à ma foi le secret de vos larmes ; N'eu craignez rien : ce cœur, quoique épris de vos N'al)usei"a jamais d'un pouvoir odieux, [charmes, Madame, par piti*^, tournez vers moi les yeux. C'en est trop : je pénètre un mystère funeste; Vous cédez au destin qui vous enlève Oreste ; Vous croyez désormais que pour vous aujourd'hui L'univers tout entier doit, périr avec lui. Votre cœur cependant, à sa haine fidèle. Accablé dos rigueurs d'une mère cruelle, Au moment que je crois (ju'il s'attendrit pour moi, M'abhorre , et ne se rend qu'nux menaces du roi.

ELECTRE

Fils d'Égislhe, reviens u un soupçon quime blesse: Electre ne connaît ni crainte ni faiblesse ; Son cœur, dont rien ne peut abaisser la fierté, Même au milieu des l'ers agit en liberté. Quelrpie appui que le sort m'enlève dans mon frère, Je crains plus tes vertis que les fers ni ton père.

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