SUR SA VIE ET SES OUVRAGES. III
Parlons d'abord de l'homme et du poète. L'examen des œuvres suivra.
Prosper Jolyot naquit à Dijon le 15 janvier 1675, et fut baptisé le même jour en l'église Saint-Philibert.
Il était le fils aîné de Melchiot Jolyot, notaire royal à Dijon, et de damoiselle Gagnard (I).
Les Jolyot descendaient de doux frères de ce nom, sergents d'armes, anoblis en 1442 pour leurs services militaires par Philippe le Bon. Ils portaient d'azur à une aigle éployée d'or, tenant en son bec une plante de trois lis d'argent.
L'aïeul de Prosper, père de Melchior, se nommait Oudin Jolyot; il était en 1G27 huissier de la chambré des comptes de Bourgogne séant à Dijon.
Henriette (et non Geneviève) Gagnard était fille de N. Gagnard, lieutenant général en la ville de Beaune, et d'Anne Bretagne, issue d'une ancienne famille qui donna quantité de magistrats aux cours souveraines de Bourgogne.
Du mariage de Melchior Jolyot avec Henriette Gagnard naquirent cinq enfants, quatre fils et une fille, savoir: 1° Prosper, qui fut notre poète; 2° Melchior II, de qui je ne sais rien, sinon qu'il était vivant en 1720; 3° Louis, mort jeune; 4° Pierre, gendarme de la garde du roi; 5» Jeanne Jolyot.
Le notaire Melchior Jolyot s'était fait céder le 14 janvier 1679, par la famille Berthier de Sauvigny, la charge de maître clerc ancien en la chambre des comptes de Dijon ; il y réunit en 1695 celle de gref
(1) L'auteur de la présente notice prévient le lecteur que la pla> part des dates et des faits relatifs à la famille et à la jeunesse de Crébillon sont pour la plupart nouveaux et ditfèrent essentiellement de ceux qu'on rencontre dans les biographies ; ils lui ont été fournis, soit par les documents d'état civil que Jal avait recueillis aux Archives de la Seine incendiées en 1871, soit par ses recherches personnelles, couronnées de succès. Ce n'est que par exception qu'il signalera la rectiCcatiou des erreurs les plus accréditées.
De même pour les anecdotes : il en est de très piquantes qu'on ne rencontrera pas ici, parce qu'elles paraissaient douteuses. A qun. sert de reproduire des historiettes controuvées, même pour les re fute