‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 227 sur 454 · ACTE I, SCKXE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKXE II

Que me cache à son tour la colère des dieux. Je m'étais aperçu que sa cruelle mère Craignait de voir en lui croître un vengeur sévère. J'engageai Mermécide à sauver de la cour Ce gage malheureux d'un trop funeste amour. Tu dois avoir connu ce fameux Mermécide, Sa farouche vertu, son courage intrépide. 11 fit passer longtemps Ninias pour son fils ; Mais ce secret parvint jusqu'à Sémiramis.

MADATE.

Seigneur, et par que! sort, dévoilant ce mystère, N'a-t-elle point porté ses soupçons sur son IVére?

BÉLOS.

J'employai tant de soins à calmer sa fureur, Que .je ne fus jamais moins suspect à son cœur; Mais, craignant le courroux dont elle était saisie, Mermécide courut jusqu'au fond de l'Asie Cacher dans les déserts ce pupille sacré Qu'à ses fidèles mains la mienne avait livré. Cependant, pour tromper une mère cruelle, De la mort de son fils je semai la nouvelle : On la crut; et bientôt j'eus la douceur de voir Mes projets réussir au gré de mon espoir. Kinias qui croissait, héros dès son enfance, Réchauffait chaque jour le soin de ma vengeance. Tu sais, pour occuper mon odieuse sœur. Tout ce que j'ai tenté dans ma juste fureur; Par combien de détours, armé contre sa vie, J'ai de fois en dix ans soulevé l'Assyrie. Je fis plus: lu connais ma fille Ténésis, Délices de Bélus eV Àe Sémiramis, Qui, l'entraînant partout où l'entraînent ses armes, L'élève malgré moi dans le sein des alarmes, Et que rien jusqu'ici n'en a pu séparer, Mes dégoûts sur ce point n'osant se déclarer: D'elle et de Ninias, par un saint hyménée, Je formai le dessein d'unir la destinée, Pour rendre encor mon cœur, par un lien si doux, Plus avide du sang qu'exige mon courroux. Près de Sinope enfin je conduisis ma fille, Ce reste précieux d'une illustre famille: Là, dans un bois aux dieux consacré dès longtemps, J'unis par de saints nœuds ces augustes enfants. L'un et l'autre louchaient à peine au premier lustre, Quand je serrai les nœuds de cet hymen illustre :

188 SEMIHAMIS.

Avec tant de mystère on les unit tous deux, Que fout, jusqu'àleur nom, fut un secret pour eux. Depuis vingt ans mes yeux n'ont point revu le prince : On le cherche sans huit de province en province. Depuis dix ans en vain Mi-rmécide a couru Apn-s ce Jils si cher tout à coup disparu. Mais e^ui vient nous troubler? Quelle indiscrète au-

[dace !

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