SCÈNE
BÉLUS, MERMÉGIDE, MADATE.
BÉLUS
Que vois-ie?Mermécide, est-ce toi quej'etnbrassc? Ah ! cher ami, le jour qui te rend à mes vœux Ne saurait plus pour nous être qu'un jour heureux. Du sort de Ninias ton retour va m'instruire...
MERMÉCIDE.
Plaise au ciel que ce jour qui commence à nous luire N'éclaire pas du moins le sortie plus affreux Qui puisse menacer un cœur si généreux ! Seigneur, n'attendez plus d'une recherche vaine Un prince dont la vie est assez incertaine. Depuis dix ans entiers je parcours ces climats: J'ai fait deux fois le tour de ces vastes Étals. J'eusse dû mieux veiller, depuis cette journée Où par vous Ténésis à Sinope amenée A la face des dieux, dans un bois consacré, Au roi de l'univers vit son hymen juré. Je crus que sa beauté, qui devançait son âge. Fléchirait vers l'amour ce jeune et fler courage: Mais je ne vis en lui qu'une bouillante ardeur ; Déjà sa destinée entraînait ce grand cœur. Je fis pendant dix ans des elfoi ts inutiles Pour remplir Ninias de désirs plus tranquilles: Son cœur ne respirait que l'horreur des combats. Il rougissait souvent de me voir sans Etats. Déjà, peu satisfait de n'avoir qu'un tel père, Il semblait de son sort pénétrer le mystère. Enfin il disparut, et je le cherche en vain. Mais, seigneur, de Bélus quel sera le destin? Hier, sans me fixer une route certaine. En attendant la nuit dans la foièt prochaine, Je vis un corps sanglant étendu sous mes pus, Qu'un reste de chaleur dérobait au trépas.