‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 229 sur 454 · ACTE I, SCKNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE IV

J'en approche aussitôt: jugez de ma surprise Lorsque dans ce mourant je trouvai Mé^abise. Il méconnut longtemps ma secourable main. Alais ses regards sur moi s"arrètant à la fin : « Que vûis-je? me dit-il, est-ce vous, Mernu-cide, « Qui, le cœur indigné des fureurs d'un perfide, « Venez pour conserver le reste de ce sang « Que le cruel Madate a tiré de mon flanc? « C'est ainsi que Bélus traite un ami fidèle. « A ces mots, peu content du succès de mon zèle, Peut-être que la main qui prolongeait ses jours. Plus prudente, bientôt en eût tranché le cours, Si de quelques soldats la troupe survenue Ne m'eût forcé de fuir leur importune vue. Si Mégabise vil, nous sommes découverts.

BELUS, à Madate.

Trop prévoyant ami, qu'as-tu fait? tu nous perds.

MERUKCIDE.

Non, seigneur; il ne faut que prévenir la reine : Cest à nous désormais à servir votre haine. Si Ninias n'est plus, c'est à vous de régner: Vous me voyez tout prêt à ne rien épargner, A vous immoler même un guerrier redoutable, Imprudent défenseur d'une reine coupable. Vous n'avez qu'à parler, seigneur ; et cette main Va percer dés ce jour et l'un et l'autre sein. J'entends du bruit, on vient : c'est la reine elle-même.

BÉLUS

Fuis, Mermécide, fuis ; le péril est extrême. Sa haine trop avant t'a gravé dans son cœur, Pour abuser des yeux qu'instruirait sa fureur.

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