ACTE I, SCÈNE VI
Tout respecte ma voix ; et je crains de parler; Le seul nom d'Agénor suffit pour me troubler; Je ne sais quoi dans lui me fait sentir un maître. C'est ainsi que l'amour en ordonne peut-être. Peins-lui si bien le feu qui dévore mon cœur, Qu'à son tour ce héros reconnaisse un vainqueur; Et si l'amour pour moi n'avait rien à lui dire, Tente du moins son cœur par l'offre d'un empire. Ce guerrier va bientôt se montrer à nos yeux. Pour moi, que mille soins rappellent dans ces lieux, Adieu : pour un moment souffre que je te laisse, Ma chère Ténésis, pardonne à ma faiblesse Des soins dont sur ta foi mon amour s'est remis : Juge par ces transports quel en sera le prix.